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Mot du présidentRomanow, Kirby et la réforme de la santé
Nombre d’entre vous aurez lu (ou lu à ce sujet) le rapport final de la Commission de l’avenir des soins de santé au Canada, le rapport Romanow. Beaucoup auront aussi entendu parler de visions concurrentes, y compris celle du rapport Kirby. En écrivant ces lignes au début de décembre, nous tentons tous de digérer ce document extrêmement important, et la plupart des réactions sont préliminaires. Sans doute la conclusion la plus importante que nous puissions tirer de ces deux documents est que le statu quo n’est pas viable, du moins pas pour longtemps. D’une façon ou d’une autre, notre système de santé va changer soit par un plan délibéré, soit par nécessité économique (pénurie de fonds) ou démographique (trop de citoyens âgés). Ces rapports soulignent tous deux le besoin de changement : l’un insiste sur un réinvestissement substantiel du gouvernement fédéral (et implicitement provincial aussi) pour améliorer les services, l’autre met l’accent sur une plus grande variété de moyens de réorganiser le système de santé. Ces deux rapports donnent lieu à une certaine polarisation, portant principalement sur la meilleure façon de fournir des services – publics ou privés – et sur l’opinion erronée voulant que le rapport du sénateur Kirby suggère d’autoriser un système privé parallèle. Les fournisseurs de soins de santé mentale reconnaissent que la plupart des patients ne sont pas capables de payer directement les services et que par conséquent, ils n’ont jamais été très intéressés par un système privé parallèle. Collectivement, nous sommes tous préoccupés du fait que les soins de santé mentale n’ont pas la priorité qu’il leur faudrait, étant donné la prévalence des affections et l’énorme fardeau des maladies en question. Votre association s’est réjouie de constater que le rapport Romanow mentionnait que la santé mentale et la maladie mentale étaient des « orphelines » méritant une adoption. Le seul fait que la santé mentale soit reconnue dans le rapport indique que les efforts de représentation de l’Alliance canadienne de la maladie mentale et de la santé mentale (ACMMSM) ont eu une certaine influence. L’appel à une attention accrue sur les soins de santé mentale communautaire et le début d’un régime national d’assurance-médicaments pour les personnes dans le besoin abordent chacun d’importantes dimensions de l’accès aux soins pour les personnes vivant avec une maladie mentale. D’autres recommandations pourraient aussi offrir de bonnes occasions d’atteindre certains des buts de la réforme que votre association recherche activement. Ce sont notamment les stratégies pour soutenir la réforme des soins primaires et l’accès amélioré en région rurale ou éloignée, où les efforts de votre association en vue d’améliorer les soins partagés de santé mentale joueront un rôle important. Toutefois, comme l’a indiqué votre association dans des entretiens avec ses partenaires et les médias par suite de la publication du rapport Romanow, il y a de nombreuses autres questions à aborder au sein du système de santé pour répondre aux besoins des Canadiens vivant avec une maladie mentale, et pour promouvoir la santé mentale de tous les Canadiens et Canadiennes. Cela ne peut se faire qu’à l’aide d’une stratégie nationale détaillée pour la santé mentale et la maladie mentale. Cette stratégie est notre meilleure chance d’aborder les multiples dimensions des problèmes actuels liés à la maladie mentale et à la santé mentale de façon intégrée et inclusive. Les coûts énormes inhérents aux propositions de Romanow peuvent faire douter de leur mise en œuvre éventuelle. S’il devait y avoir des tentatives en ce sens, votre association continuera de faire valoir que les recommandations concernant la maladie mentale ont la priorité absolue. Les deux rapports ne mentionnent aucune stratégie systématique de soins spécialisés, y compris les soins spécialisés en santé mentale. On ne parle pas des soins en milieu hospitalier et en institution, et il n’y a aucune suggestion quant à la façon d’intégrer ces différents modes de traitement. Ce manque est notable dans le contexte des plans définis de nombreux gouvernements provinciaux visant à réformer le secteur des soins de santé mentale, dont certains ne seront pas compatibles avec les efforts de renouvellement du fédéral. Comme c’est souvent le cas, nous avons fait d’importants progrès, et il reste du travail à faire. La reconnaissance du fait que la santé mentale est un élément important de la réforme globale de la santé représente une excellente percée. Cependant, nous devons continuer de travailler au niveau fédéral et provincial pour faire en sorte que les recommandations liées à la santé mentale aient le plus de chances d’être mises en œuvre. Ce sera l’une de nos tâches pour les mois à venir. Depuis notre assemblée annuelle, j’ai eu le plaisir de visiter l’association des psychiatres de la Colombie-Britannique. En plus d’assister à leur demi-journée pédagogique annuelle, j’ai eu l’occasion de parler avec de nombreux membres de l’association des psychiatres de la C.-B., du conseil d’administration et de l’exécutif. Avec la ratification de leur accord le plus récent, il semble qu’une période de paix relative s’amorce entre les médecins et le gouvernement provincial. Je remercie tous ceux qui m’ont accueilli et ont rendu mon séjour si agréable. J’espère aussi passer du temps avec mes amis anciens et nouveaux lors du ski-PPC de Mont-Tremblant, au Québec, et au colloque IPPC de Puerto Vallarta, au Mexique, ce mois-ci. Je sais que le comité de PPC a travaillé très fort à monter des programmes épatants pour les deux activités, et je suis persuadé qu’ils seront réussis.
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