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ÉditorialAdieu et merci
Ce numéro du Bulletin marque ma dernière collaboration avant de me démettre de mes fonctions de rédacteur en chef. Au cours des six dernières années, j’ai eu le privilège de piloter le Bulletin à son état actuel. J’ai eu le plaisir de travailler avec un comité de rédaction dévoué et d’excellents employés de la rédaction, non seulement pour changer le format du Bulletin et lui donner une allure plus dynamique, mais aussi pour en améliorer le contenu. Il est satisfaisant de s’en aller à un moment où cette publication est estimée de ses lecteurs. Mes éditoriaux, qui portaient sur divers sujets d’importance pour les membres de notre profession, m’ont étroitement lié aux aspirations et aux défis de nos lecteurs. Les divers commentaires qui me sont parvenus de votre part à vous lecteurs, m’ont assuré que le Bulletin est beaucoup lu. Que puis-je alors laisser comme conseil à mon successeur? La qualité est une tâche jamais achevée. Pour répondre aux besoins des lecteurs, les publications doivent continuellement se renouveler — comme le doivent les êtres humains. Le Bulletin doit poursuivre son mandat consistant à servir les cliniciens de première ligne en leur offrant de l’information sur les questions cliniques et professionnelles les plus importantes. Il doit aussi continuer à servir de tribune pour que les membres partagent leurs expériences et expriment leurs préoccupations. L’intégrité et l’indépendance éditoriales doivent être férocement gardées pour conserver notre crédibilité auprès des lecteurs. Ce n’est pas une tâche facile et cela exige souvent un délicat travail d’équilibre. Le Bulletin est publié par l’Association des psychiatres du Canada et à ce titre, est censé présenter les opinions de l’APC. Pourtant, parallèlement, le Bulletin appartient au sens large à tous les membres de l’APC et doit aussi être le porte-parole de ses membres. La plupart du temps, cet équilibre précaire s’établit et sert les intérêt des deux maîtres. Toutefois, les organisations professionnelles doivent comprendre que la meilleure garantie pour éviter les tensions entre ces voix parfois divergentes est d’accorder l’indépendance au rédacteur en chef. Une preuve en est le récent conflit entre le président de l’Association médicale canadienne et le rédacteur en chef du Journal de l’Association médicale canadienne, qui s’est répandu dans les pages du JAMC et qui, dans une certaine mesure, a opposé les lecteurs au comité de rédaction. Des publications comme le Bulletin peuvent servir à procurer une formation médicale continue, car les cliniciens sont de plus en plus occupés et ont de moins en moins le temps de parcourir des masses d’information. Le Bulletin peut jouer un rôle de premier plan en traduisant les découvertes importantes de la recherche qui doivent être intégrées à la pratique clinique quotidienne. Ce rôle peut à la fois améliorer la pratique psychiatrique et soulager en partie les pressions qui pèsent sur les psychiatres surchargés, qui doivent compter les heures et les minutes pour répondre aux exigences — qu’il s’agisse de leur pratique clinique ou du maintien du certificat. Enfin, j’ai hâte d’échapper à la tyrannie des heures de tombée. Ma participation professionnelle ne sera pas moindre, puisque je continue de servir au sein de plusieurs organisations internationales, professionnelles et scientifiques. Toutefois, le frisson de plaisir de voir le premier exemplaire de chaque numéro, presque comme l’arrivée d’un bébé, va me manquer. J’ai beaucoup aimé travailler avec le comité et les employés de la rédaction, à qui je veux dire merci. Pour ce qui est des lecteurs, ce fut un privilège de vous servir. |