|
Résumé : Le concept profane du trouble des conduites : les non-professionnels
utilisent-ils des symptômes syndromatiques ou une dysfonction interne pour
distinguer le trouble de la délinquance?
Contexte : Le trouble des conduites (TC) doit être distingué du comportement
délinquant qui nest pas un trouble pour éviter les faux positifs, surtout
lorsquon diagnostique des jeunes dun milieu difficile. Cependant, la
nature de cette distinction demeure controversée. Le DSM-IV observe que
ses propres critères diagnostiques du TC syndromatique entrent en conflit
avec sa définition du trouble mental, qui exige que les symptômes soient
considérés comme étant une manifestation dune dysfonction interne pour
justifier un diagnostic de trouble. Des études précédentes indiquent que
les jugements des professionnels ont tendance à être guidés par lexigence
dune dysfonction, et non uniquement par les symptômes syndromatiques.
Toutefois, il ny a presque pas de données sur les conceptualisations des
profanes. Il demeure donc inconnu si les jugements sur le TC sont ancrés
dans une compréhension largement répandue du trouble mental qui fournit
une base à un consensus professionnel-profane.
Objectif : Cette étude vérifie quelle conception du TC, symptômes syndromatiques
ou exigence dune dysfonction, correspond de plus près aux jugements des
profanes du trouble comparé au non-trouble, et compare les jugements des
profanes et des professionnels. Nous avons émis lhypothèse que les jugements
des profanes sur le trouble, comme les jugements des professionnels, tendent
à présupposer lexigence dune dysfonction.
Méthode : Trois échantillons de profanes (travailleurs sociaux non cliniques,
infirmières non psychiatriques et étudiants de premier cycle) ont coté
leur accord que les jeunes décrits dans des scénarios cliniques souffraient
de trouble mental. Tous les scénarios satisfaisaient aux critères diagnostiques
du DSM-IV CD. Les scénarios étaient variés pour présenter des symptômes
syndromatiques seulement, des symptômes suggérant une dysfonction interne,
et des symptômes résultant de réactions à des circonstances négatives,
sans dysfonction.
Résultats : Tous les échantillons de profanes ont attribué le trouble plus
souvent aux jeunes dont les symptômes suggéraient une dysfonction interne
quaux jeunes ayant des symptômes semblables mais sans dysfonction apparente.
Conclusions : Lexigence dune dysfonction semble refléter un concept du
trouble largement partagé par les profanes et les professionnels.
|