![]() |
|
![]() Face au nombre grandissant durgences psychiatriques dans les services des hôpitaux généraux, les cliniciens ont été amenés, au cours des vingt dernières années, à accepter une remise en question de leurs pratiques et à mettre au point de nouveaux dispositifs de prise en charge aux urgences psychiatriques. La prise en compte de la durée de lurgence, élément essentiel à lamorce dun travail psychothérapeutique ultérieur, a permis la conceptualisation de plusieurs modèles dinterventions de crise. Des structures spécifiques favorisant les interventions de crise dans le contexte de lurgence ont été progressivement mises en place : centre de thérapies brèves (1), centre daccueil et de crise (2), service durgences psychiatriques (3), unité de crise et durgences psychia- triques (4), approches intégrées des urgences psychiatriques (5) et équipes mobiles dintervention de crise (6). Lenjeu des interventions de crise serait de dépasser un simple « triage », oj les patients sont directement dirigés soit vers une hospitalisation qui peut parfois être évitée (7), soit vers une consultation ambulatoire oj ne se rendent pas la plupart de ces patients, selon plusieurs études (8). Malgré lintérêt théorique des interventions de crise pour les patients souffrant de troubles dépressifs (1,4,9,10), il y a eu très peu détudes cliniques comparatives à ce sujet (11). Le but de ce travail est de mesurer leffet de lintroduction du modèle de lintervention de crise dans un service durgences dun hôpital général sur le nombre dhospitalisations et de suivis ambulatoires des patients souffrant dun trouble dépressif majeur. Lintérêt de lintroduction des interventions de crise dans un service durgences pour améliorer la qualité des soins et diminuer le nombre dhospitalisations a été évoqué dans un travail préliminaire sur 4 mois, qui ne concernait pas spécifiquement les patients souffrant dun trouble dépressif (12). Lapplication de notre modèle dintervention de crise aux patients souffrant dun trouble de personnalité a été également décrite dans un travail préliminaire (13). MéthodologieUne description méthodologique exhaustive est fournie dans un travail préliminaire (12). Nous avons comparé le nombre dinterventions psychiatriques et le nombre dhospitalisations avant et après lintroduction du concept dintervention de crise, dans un service durgences psychiatriques, actuellement en développement, situé au Centre Hospitalier de Luxembourg. Les données, recueillies rétrospectivement, comparent les patients ayant consulté le service durgences psychiatriques sur une durée de 8 mois, du 1 septembre 2001 au 30 avril 2002 (Période I), avec ceux qui ont pu bénéficier dune intervention de crise et qui ont consulté du 1 septembre 2002 au 30 avril 2003 (Période II). Le recueil des données a été fait avec laide de la direction de lhôpital, à partir des registres administratifs, en respectant lanonymat des patients. Durant les 2 périodes de létude, seuls ont été retenus les patients ayant nécessité une intervention psychiatrique urgente durant les jours ouvrables, de 8 heures à 18 heures. Cette limitation aux heures ouvrables a été motivée par la difficulté de réaliser des interventions de crise durant le service de garde, en rapport avec un nombre réduit dintervenants (un assistant avec possibilité de faire appel à un psychiatre). Les patients âgés de moins de 16 ans (pris en charge par les pédopsychiatres) et les patients présentant des troubles cognitifs, dans le cadre dun syndrome démentiel connu (prise en charge conjointe avec les neurologues) nont pas été inclus dans létude. Des interventions répétées ayant lieu le même jour pour un patient et pour sa famille ont été prises en compte une seule fois dans les statistiques. Les patients ayant consulté plus dune fois en urgence pendant chaque période de létude ont été pris en compte une seule fois dans les statistiques, étant donné quil ny avait pas de différence significative entre le nombre de ces patients et de leurs consultations pour les 2 périodes étudiées. Le choix du seuil de plus de 5 consultations ambulatoires pour évaluer lobservance de ce traitement par les patients a été fait en tenant compte du système de facturation luxembourgeois, oj les honoraires diminuent légèrement après 5 consultations consécutives. Ce choix nous a permis dobtenir facilement des données fiables pour le nombre de consultations consécutives des patients, à partir des registres de facturation. De même, le nombre dentretiens psychothérapeutiques familiaux a pu être relevé rétrospectivement, grâce au système de facturation luxembourgeois, qui utilise un code différent pour ce type dintervention. Le service durgences psychiatriques a été organisé avec des ressources humaines comparables durant les 2 périodes de létude (2 assistants, sous la supervision dun chef de service). Le chef de service ainsi quun des 2 assistants ont été les mêmes pour les 2 périodes de létude; les seuls changements portent sur lintroduction du concept dintervention de crise et sur le remplacement dun assistant. Au moment de létude, les assistants avaient au moins 2 ans dexpérience dans les urgences psychiatriques et ils suivaient au moins une troisième année de formation psychothérapeutique dinspiration psychanalytique, en dehors de lhôpital oj sest déroulée létude. Des références de type systémique ont été également utilisées (étant donné que tous les médecins avaient bénéficié, au moins à un moment de leur formation, de cours dans cette orientation théorique) et le psychiatre chef de service avait une formation psychothérapeutique de type cognitivo-comportementale. Outre la supervision dans le cadre de lhôpital, les 2 assistants avaient chacun un superviseur individuel (depuis 3 et 5 ans, respectivement) en même temps quune supervision de groupe, en dehors de lhôpital oj sest déroulée létude. Les interventions de crise ont été faites selon le modèle décrit par Andreoli, 1986 (1) et De Clercq 1997 (4). Dans une première phase, appelée « interaction de crise », nous avons essayé de prolonger temporairement la situation de crise, afin dencourager le patient et son entourage à renégocier les conflits supposés être à lorigine de « la crise », ainsi que la demande sous-jacente de soins. Dans un deuxième temps, considéré comme étant « lintervention de crise », nous avons interrogé lexpérience subjective du patient en essayant de lui donner les moyens de mettre en relation cette expérience subjective de sa souffrance avec ses conflits interpersonnels et intrapsychiques. Les indications et le déroulement des interventions de crise étaient systématiquement discutés entre les 2 assistants, le psychiatre chef de service étant constamment disponible. Lensemble des patients a reçu un traitement antidépresseur en plus des interventions psychothérapeutiques; il ny a pas eu de changement des habitudes de prescriptions médicamenteuses entre les 2 périodes de létude, ni dintroduction dune nouvelle médication. Les critères diagnostiques (DSM-IV) pour les troubles dépressifs majeurs et pour la présence dun trouble de personnalité ont été recueillis rétrospectivement. Lutilisation du SCID pour le DSM-IV na pas été possible pour lensemble des patients ayant consulté à lurgence, mais pour 2 séries de 10 patients, les diagnostics ont été vérifiés en utilisant la SCID pour le DSM-IV. Les comorbidités des troubles dépressifs ont été cherchées rétrospectivement dune façon similaire, en tenant compte des critères diagnostiques du DSM-IV. Dautres facteurs pouvant influencer plus finement la décision dhospitalisation, comme des échelles pour évaluer la gravité du trouble dépressif majeur ou les données socio-économiques, nont pas été relevés dans ce travail. Les calculs statistiques utilisés ont été : le chi carré pour tester lhomogénéité des proportions (pour comparer les taux dhospitalisations et lobservance des consultations ambulatoires avant et après lintroduction de lintervention de crise) et le test t-Student (pour comparer les moyennes dâge des patients hospitalisés avec les moyennes dâge de ceux qui ont bénéficié dun traitement ambulatoire). RésultatsConcernant lhospitalisation, le même profil spécifique pour lâge a été
constaté pour les 2 périodes de létude. Les patients hospitalisés étaient
significativement plus âgés que ceux qui ont bénéficié dun suivi ambulatoire
: P < 0,001, test t-Student (Tableau 1). Aucune différence significative
na été retenue entre les 2 périodes pour lâge, ni pour les comorbidités
des troubles dépressifs qui ont été cherchées (dépendances éthylique et
aux drogues, troubles de personnalité, troubles psychotiques, troubles
paniques).
Après lintroduction de lintervention de crise, on constate une diminution
significative des hospitalisations des patients souffrant dun trouble
dépressif sans symptômes psychotiques, ainsi quune diminution du nombre
total des hospitalisations. Il ny a pas de diminution dhospitalisations
pour les patients présentant un trouble dépressif majeur avec des caractéristiques
psychotiques (Tableau 1). Le nombre dhospitalisations des patients qui
présentaient un trouble de personnalité limite, en plus du trouble dépressif
majeur, a diminué de façon plus importante, par rapport à lensemble des
patients avec un trouble dépressif majeur (Figure 1). Les hospitalisations
non volontaires, minoritaires par rapport à lensemble des hospitalisations
(3 sur 76 hospitalisations pour la Période I, contre 5 sur 54 hospitalisations
pour la Période II), ne diminuent pas après lintroduction des interventions
de crise.
La répartition hommesfemmes est comparable pour les 2 périodes, avec 55,5 % de femmes pour la Période I, contre 57,1 % de femmes pour la Période II. Le taux dhospitalisations des femmes diminue davantage après lintroduction des interventions de crise par rapport à celui des hommes (Tableau 1). De plus, si on considère uniquement les hommes, il ny a pas de diminution significative des hospitalisations. Parmi les patients qui ont bénéficié dun suivi ambulatoire, on constate une augmentation significative du taux des patients qui ont dépassé le seuil de 5 consultations, après lintroduction des interventions de crise : 149 (42,7 %) sur 349 patients ambulants pour la Période I, contre 198 (51,8 %) sur 382 patients ambulants pour la Période II (c2 = 6,109; df = 1; P = 0,0135). Pour ces patients ambulants, le nombre dinterventions familiales a augmenté de 20 (5,7 %) interventions pour 349 patients pour la Période I, à 98 (25,7 %) interventions pour les 382 patients ambulants de la Période II (c2 = 53,482; df = 1; P < 0,0001). DiscussionLes résultats de ce travail suggèrent lintérêt des interventions de crise pour favoriser la solution de rechange du suivi ambulatoire plutôt que les hospitalisations psychiatriques, pour des patients qui satisfont aux critères du DSM IV des troubles dépressifs majeurs et qui consultent un service durgences dun hôpital général. Lintervention de crise comprend limplication active des patients dans leur prise en charge et la négociation dun projet de soins cohérent, dès le moment essentiel quest la formulation de la demande daide dans le contexte des urgences. La diminution du nombre de certaines hospitalisations qui ressemblent parfois davantage à des « malentendus » quà des réelles prises en charge et laugmentation de lobservance du suivi ambulatoire sinscrivent dans une réelle rencontre entre patient, famille et soignants, qui peut avoir lieu aux urgences sous la forme de lintervention de crise. Suite à cette dernière, le patient peut acquérir une certaine compétence pour chercher des liens entre ses troubles dépressifs présents à un moment donné et sa conflictualité sous-jacente intrapsychique et interpersonnelle. Ceci permet non seulement une légère amélioration symptomatique rapide, mais surtout cette démarche améliore sensiblement lobservance dun suivi ultérieur des patients, qui se disent davantage « confiants et motivés » de sengager dans un suivi psychothérapeutique. Les meilleurs résultats des interventions de crise pour les patients qui souffrent dun trouble de personnalité limite sous-jacent pourraient être en rapport avec la sensibilité de ces patients aux aspects intersubjectifs dune rencontre psychothérapeutique aux urgences, plutôt quavec un « système de tri », prêt uniquement à diriger les patients vers lhospitalisation ou vers un suivi ambulatoire, en fonction des places disponibles à un moment donné. Nous avons inclus lensemble des patients qui ont consulté suite à un trouble dépressif majeur et pas uniquement ceux qui ont pu bénéficier dune intervention de crise. Ce choix a été fait dans le but de montrer leffet des interventions de crise sur lensemble des hospitalisations. Si nous choisissons dexclure de la Période II les patients qui nont pas bénéficié dune intervention de crise, comme par exemple certains patients souffrant dun trouble dépressif majeur avec des caractéristiques psychotiques, lefficacité statistique des résultats augmente concernant la diminution du nombre des hospitalisations (c2 = 6,149 contre 5,073; Tableau I). Labsence dinfluence des interventions de crise sur les hospitalisations non volontaires est en rapport avec la faible proportion de ce type dhospitalisation, mais aussi avec la portée limitée des interventions de crise pour des patients souffrant de troubles dépressifs avec des caractéristiques psychotiques, qui nécessitent une hospitalisation non volontaire. Malgré plusieurs limitations méthodologiques comme labsence de randomisation des patients et labsence de données concernant le devenir des patients au-delà de 8 mois, lintérêt de ce travail sinscrit dans le déséquilibre relatif qui existe dans la littérature entre le grand nombre de développements théoriques autour des interventions de crise et le nombre réduit détudes comparatives à ce sujet (11,14). Lintérêt de vérifier une approche nouvelle dans la réalité clinique, en acceptant des limitations méthodologiques inhérentes au « monde réel », plutôt quuniquement dans des contextes « expérimentaux » atypiques a été souligné récemment par Burns et Priebe (15). Ce type de méthodologie peut également être utilisé dans des projets damélioration de la qualité des soins. Une autre limite méthodologique concerne labsence de données complémentaires pouvant influencer la décision dhospitalisation, comme la gravité du trouble dépressif majeur (évaluée avec des échelles spécifiques) et les données socio-économiques. Concernant ces dernières, on pourrait supposer quil ny a pas de différence significative pour les patients ayant consulté durant les 2 périodes de 8 mois de létude, en accord avec un travail épidémiologique sur les urgences psychiatriques, qui observe une répartition similaire des données socio-économiques des patients ayant consulté consécutivement durant 2 mois (16). Les femmes ayant participé à létude semblent mieux répondre à lintervention de crise, mais ceci pourrait également suggérer que les hommes consultent en urgence pour des problématiques plus graves, oj une hospitalisation serait plus difficilement évitable, malgré lintervention de crise. Une limite méthodologique pour cette observation est constituée par le fait que les 3 psychiatres étaient des hommes, ce qui pourrait influencer le transfert, voire le contre-transfert, avec des répercussions sur lalliance thérapeutique en fonction du sexe des patients. Le nombre de patients consultant suite à un trouble dépressif majeur a augmenté de seulement 2,6 % après lintroduction des interventions de crise, de 425 à 436 patients, ce qui ne semble pas poser dimportantes difficultés méthodologiques pour comparer les 2 périodes. Cependant, il est intéressant de souligner une augmentation de lensemble des demandes urgentes de 31,8 %, 4 mois après lintroduction des interventions de crise, relevée lors dun travail préliminaire (12). Cette augmentation pourrait être le reflet de lintérêt des patients et des médecins traitants (qui envoient plus souvent les patients) pour des entretiens psychothérapeutiques aux urgences. Maintenant, on peut conclure que cette augmentation du nombre global des consultations urgentes portait uniquement sur des patients présentant des troubles de ladaptation, sans concerner les patients présentant des troubles dépressifs majeurs. La prise en compte des répercussions des troubles dépressifs au niveau familial avec limplication active des familles dans la prise en charge des patients fait partie intégrante du programme dintervention de crise. Il nest donc pas étonnant dobserver, après lintroduction des interventions de crise, une augmentation significative des interventions psychothérapeutiques familiales, par rapport à lensemble des patients ayant consulté pour un trouble dépressif. De futures études prospectives et randomisées devront préciser lintérêt des interventions de crise dans le contexte des urgences et dans un deuxième temps, valider une démarche normalisée pour retenir lindication dintervention de crise dans certaines situations spécifiques. ConclusionDe nombreux travaux ont décrit maintes stratégies dinterventions de crise et ont souligné lintérêt de ce type dinteractions psychothérapeutiques dans le contexte de lurgence, alors quil y a très peu de travaux statistiques dans la littérature à ce sujet. Malgré plusieurs limites méthodologiques inhérentes à une étude rétrospective, ce travail suggère que les interventions de crise favorisent la solution de rechange du suivi ambulatoire plutôt que les hospitalisations psychiatriques, pour des patients qui souffrent de troubles dépressifs majeurs. Lamélioration de lobservance du traitement ambulatoire représente un enjeu important de lintervention de crise et contribue à lamélioration de la prise en charge des patients. De futures études randomisées devront nuancer ces résultats. RemerciementsAu professeur Antonio Andreoli pour la formation psychothérapeutique concernant les interventions de crise, au Dr Traian Damsa pour les calculs statistiques et à Madame Antonella Perino et Mademoiselle Susanne Maris pour les travaux de secrétariat. Bibliographie1. Andreoli A. Crise et intervention de crise en psychiatrie. In: Andreoli A, Lalive J, Garrone G, editors. Crise et intervention de crise en psychiatrie. Paris (Fr): Simep; 1986. 2. Baillon G. Accueil, urgence, crise, que choisir? Inf Psychiatr 1988;64:10871101. 3. Hillard JR. Manual of Emergency Psychiatry, Washington (DC): American Psychiatric Press, 1990. 4. De Clercq M. Urgences psychiatriques et interventions de crise. Paris, Bruxelles: De Boeck, Larcier; 1997. 5. Oldham JM, DeMasi ME. An integrated approach to emergency psychiatric care. New Dir Ment Health Serv 1995;67:3342. 6. Pochard F, Robin M, Regel I, Mauriac F, Waddington A, Kannas S. Security and home emergency psychiatric interventions. Encéphale 1998;24:3249. 7. Hugo M, Smout M, Bannister J. A comparison in hospitalization rates between a community-based mobile emergency service and a hospital-based emergency service. Aust N Z J Psychiatry 2002;36:5048. 8. De Clercq M, Cassiers L. Le travail de la crise à lépreuve de lurgence. Acta Psychiatr Belg 1990;90:8199. 9. Andreoli A, Foresti, G. Politique de désinstitutionalisation et urgences psychiatriques: Un regard européen. Urgences psychiatriques et politiques de santé mentale. Paris (Fr): Masson, 1998. p 11424. 10. De Clercq M, Andreoli A, Lamarre S, Forster P. Emergency Psychiatry in a changing world. Amsterdam: Elsevier; 1999. 11. Burnand Y, Andreoli A, Kolatte E, Venturini A, Rosset N. Psychodynamic psychotherapy and clomipramine in the treatment of major depression. Psychiatr Serv. 2002 ;53:58590. 12. Damsa C, Di Clemente T, Massarczyk O, Haupert J, Vasilescu M-C, Predescu A, and others. Lintervention de crise dans un service durgences psychiatriques diminue le nombre dhospitalisations volontaires en psychiatrie. Ann Med Psychol 2003;161:6939. 13. Damsa C, Di Clemente T, Massarczyk O, Haupert J, Pull C. The impact of crisis intervention on the management of patients with personality disorder. Bull Soc Sci Med Grand Duche Luxemb 2003;2:8796. 14. Dazord A, Gerin P, Reith B, Iahns JF, Andreoli A. Crisis intervention: assessment process and long-term follow-up of patients. Encéphale 1992;18:63945. 15. Burns T, Priebe S. The survival of mental health services: a pressing research agenda? Br J Psychiatry 2004;185:18990. 16. Baleydier B, Damsa C, Schutzbach C, Stauffer O, Glauser D. Comparison between Swiss and foreign patients characteristics at the psychiatric emergencies department and the predictive factors of their management strategies. Encéphale 2003;29:20512. Auteur(s)Manuscrit reçu en août 2004, révisé, et accepté en mai 2005. 1. Médecin adjoint responsable dunité, Service daccueil, durgences et de liaison psychiatrique, Hôpital Cantonal Universitaire de Genève, 24, rue Micheli-du-Crest, 1211 Genève, Suisse; Service de Psychiatrie, Centre Hospitalier de Luxembourg, 4 rue Barblé, L-1210 Luxembourg. 2. Chef de clinique, Service daccueil, durgences et de liaison psychiatrique, Hôpital Cantonal Universitaire de Genève, 24, rue Micheli-du-Crest, 1211 Genève, Suisse. 3. Assistant de recherche, Service daccueil, durgences et de liaison psychiatrique, Hôpital Cantonal Universitaire de Genève, 24, rue Micheli-du-Crest, 1211 Genève, Suisse. 4. Résident, Service daccueil, durgences et de liaison psychiatrique, Hôpital Cantonal Universitaire de Genève, 24, rue Micheli-du-Crest, 1211 Genève, Suisse; Service de Psychiatrie, Centre Hospitalier de Luxembourg, 4 rue Barblé, L-1210 Luxembourg. 5. Résident, Service de Psychiatrie, Centre Hospitalier de Luxembourg, 4 rue Barblé, L-1210 Luxembourg. 6. Chef de service, Service de Psychiatrie, Centre Hospitalier de Luxembourg, 4 rue Barblé, L-1210 Luxembourg. Adresse de correspondance: Dr C Damsa, Service daccueil, durgences et de liaison psychiatrique, Hôpital Cantonal, Universitaire de Genève, 24, rue Micheli-du-Crest, 1211 Genève, Suisse. courriel: c.damsa@bluewin.ch
1 | 2
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||