|
|
|
Editorial Credits/
Crédits éditorials
Subscription
Rates /Prix
d'abonnements
Advertising
Rates / Tarifs publicitaires
(PDF)
|
|
Guest Editorial
Highlighting Bipolar II Disorder Gordon Parker, MD, PhD, DSc, FRANZCP
(PDF)
|
|
In Review
Neurobiological Findings in Bipolar II Disorder Compared With Findings in Bipolar I Disorder Brent M McGrath, BSc, MSc, Phillip H Wessels, MD, FRCPC, Emily C Bell, BSc, MSc, Michele Ulrich, BSc, Peter H Silverstone, MB, BS, MD, MRCPsych, FRCPC
(PDF)
|
|
Bipolar II Disorder: An Overview of Recent Developments George Hadjipavlou, MA, MD, Hiram Mok, MA, MB, BCh, BAO, FRCPC, Lakshmi N Yatham, MBBS, MRCPsych, FRCPC3
(PDF)
|
|
Review Paper
Bipolar Disorder: It’s All in Your Mind? The Neuropsychological Profile of a Biological Disorder Gin S Malhi, BSc, MB, ChB, MRCPsych, FRANZCP, Belinda Ivanovski, Ssc Psychol, M Clin Psychol, Viktoria Szekeres, BSc,Psychol
(PDF)
|
|
Original Research
Impact of Culture on Depressive Symptoms of Elderly Chinese Immigrants Glenda MacQueen, MD, PhD, FRCPC
Daniel WL Lai, PhD
(PDF)
|
|
Development and Reliability of a Pictorial Mental Disorders Screen for Young Adolescents Nicole Smolla, PhD, Jean-Pierre Valla, MD, MSc, Lise Bergeron, PhD,
Claude Berthiaume, MSc, Marie St-Georges, MPs
(PDF)
|
|
Command Hallucinations Among Asian Patients With Schizophrenia
Theresa MY Lee, MBBS, MMed, Siow Ann Chong, MBBS, MMed, Yiong Huat Chan, PhD, Gangaharan Sathyadevan, MBBS, MRCPsych
(PDF)
|
|
The Centre for Addiction and Mental Health Concurrent Disorders Screener
Juan C Negrete, MD, FRCPC, Jane Collins, MSc, Nigel E Turner, PhD, Wayne Skinner, MSW
(PDF)
|
|
Validation de la version française du questionnaire de Sociotropie-Autonomie
de Beck et collègues Mathilde M Husky, MSc, Olivier S Grondin, MSc, Philippe D Compagnone, PhD
(PDF)
|
|
Brief Communication
Depressive Symptoms and Alcohol Consumption Among Nonalcoholic Depression Patients Treated With Desipramine Benjamin I Goldstein, MD, PhD, Ayal Schaffer, MD, FRCPC, Anthony Levitt, MD, FRCPC, Ari Zaretsky, MD, FRCPC, Russell T Joffe, MD, FRCPC, Virginia Wesson, MD,
R Michael Bagby, PhD
Pierre Bleau, MD, FRCPC
(PDF)
|
|
Letters to the Editor
(PDF)
Safety of Clozapine in 2
Successive Pregnancies
Revisiting the Diagnostic Challenges of Secondary Mania and Bipolar Disorder in a Patient With Borderline Hyperthyroidism
Dyslipidaemia and Psychiatric Patients
Dream Contents in Patients With Major Depressive Disorder
Sensory Deprivation and Disorders of Perception
Re: The Internet’s Impact on the Practice of Psychiatry
Response: The Internet’s Impact on the Practice of Psychiatry
Denial and Avoidance in an Unusual Case of Death From Breast Cancer
Interferon-Induced Mania
Drug-Induced Psychosis After Long-Term Treatment With Levetiracetam
Priapism
An Ounce of Prevention: “COPEing with Toddler Behaviour”
Internet Gaming Addiction
|
|
Recherche originale
Validation de la version française du questionnaire de Sociotropie-Autonomie
de Beck et collègues
Mathilde M Husky, MSc1,
Olivier S Grondin, MSc2,
Philippe D Compagnone, PhD3,
| |
Objectifs : Lobjectif de cette étude est la validation de la version française
du « Sociotropy- Autonomy Scale » (SAS) de Beck et collègues. Le SAS est
un autoquestionnaire de 60 items divisé en 2 dimensions mesurant la sociotropie
et lautonomie.
Méthode : Mille vingt-huit étudiants ont rempli le SAS, dont 140 ont conjointement
rempli le « Personal Style Inventory-Revised » de Robins et collègues,
et 75 ont repassé le SAS à 3 mois dintervalle.
Résultats : Lanalyse factorielle en composante principale effectuée sur
les 60 items a permis de dégager 2 dimensions distinctes : la sociotropie
et lautonomie. Les analyses factorielles appliquées à chaque dimension
ont permis lidentification de 6 sous-dimensions comme dans loutil original.
Conclusion : La version française présente des qualités psychométriques
et conceptuelles satisfaisantes et permet létude de ces dimensions dans
un échantillon francophone. La discussion des résultats porte sur ladéquation
avec la version originale de Beck.
(Rev can psychiatrie 2004;49:851858)
Clic ici pour des affiliations d'auteur.
|
Implications cliniques
-
Disposer dun instrument de recherche valide en langue française.
-
Pouvoir isoler et évaluer 2 modes de personnalité, sociotropie et autonomie,
et étudier leur rôle dans le déclenchement, le maintien, et le traitement
de la dépression.
-
Un outil en français offre la possibilité de mener des études transculturelles
dans les pays comme le Canada, la France et autres territoires francophones.
Limites
-
La question de la généralisation des résultats peut se poser dans la mesure
où nous utilisons un échantillon détudiants;
-
Les sous-dimensions dautonomie ne semblent pas très stables.
-
La question de la transposition dun concept dune culture à lautre se
pose.
|
Mots clés : autonomie, échelle dévaluation, sociotropie, validation
Abstract: Validation of the French translation of Beck’s Sociotropy-Autonomy Scale
|
|
Dans un modèle cognitif de la dépression, Beck et collègues (1) considèrent
2 dimensions de personnalité, sociotropie et autonomie, comme de possibles
facteurs distaux qui influenceraient létiologie, la manifestation des
symptômes et la réponse au traitement dans certaines dépressions.
La sociabilité est caractérisée par les croyances, les attitudes et les
buts qui conduisent un individu vers les autres. La sociotropie, une composante
de la sociabilité, peut être caractérisée par un état de dépendance sociale
qui se manifeste par lattente de soutien de la part dautrui pour 1) assurer
des fonctions nécessaires à la survie, 2) atténuer linconfort ou la souffrance,
3) mener à bien des projets, résoudre des problèmes et avoir un sentiment
de maîtrise. La sociabilité repose sur des gratifications obtenues à la
faveur de relations interpersonnelles impliquant lintimité, le partage,
lempathie, la compréhension, lapprobation, laffection, la protection,
la guidance et laide. La sociotropie représente une forme extrême de sociabilité
et sexprime dans des propositions comme « Jai besoin de laide dautres
personnes pour atteindre mes objectifs », ou encore « Si je nai pas daide,
je ne serai pas capable de faire ce que jai à faire » (1).
Lautonomie insiste sur la préoccupation des personnes par rapport à leur
individualité, leur indépendance, leurs efforts pour réaliser un objectif,
ainsi quune faible préoccupation pour les autres (2). Lindividualité
est une expression de valeurs, buts et volonté relevant de lacquisition
de pouvoir, et du contrôle exercé sur lenvironnement. Lindividualité
se manifeste dans les objectifs et les efforts qui reflètent linvestissement
exclusif dune personne en elle-même : le développement de ses capacités,
stratégies et intérêts qui peuvent ou non inclure dautres personnes. Bien
que les autres personnes ne représentent pas lintérêt principal, elles
peuvent éventuellement représenter un moyen de parvenir à des objectifs
individualistes.
La sociotropie et lautonomie ne sont pas des types de personnalité en
tant que tels, mais plutôt des dimensions pouvant dominer le fonctionnement
psychologique dun individu. Un mode peut prédominer, ou bien les 2 modes
peuvent avoir une intensité équivalente chez un même individu. Ces concepts
représenteraient des caractéristiques relativement stables de la personnalité.
Beck (1) a émis lhypothèse que les facteurs favorisant la dépression chez
les individus autonomes ou sociotropes seraient liés aux sensibilités respectives
de ces individus. Une personne fonctionnant en mode autonome deviendrait
déprimée lorsquun facteur externe ou interne perçu comme irréversible
viendrait contrecarrer laccomplissement dun objectif. Dautre part, les
événements qui viennent interrompre les ressources sociales viendraient
favoriser la dépression chez une personne sociotrope.
Lautonomie et la sociotropie peuvent être étudiées dans la population
anglo-saxonne avec 2 outils : le SAS de Beck (1) et le PSI-II (Personal
Style Inventory-Revised) de Robins et collègues (3). Si dans leur version
originale ces 2 outils révèlent de bonnes qualités psychométriques, seul
le PSI-II traduit en langue française (4) a fait lobjet d une démarche
complète de validation, a contrario dune traduction française du SAS (5).
Le SAS est constitué de 2 échelles regroupant chacune 30 items. Une analyse
factorielle de chacune de ces échelles a révélé une structure en 3 dimensions
pour chacune dentre elles (réussite autonome ou individualiste, mobilité
ou liberté par rapport au contrôle des autres et préférence pour la solitude
sont les dimensions de lautonomie; et inquiétude par rapport à la désapprobation
dautrui, attachement / inquiétude par rapport à la séparation et faire
plaisir aux autres sont celles de la sociotropie) (1).
Lobjet de cet article est donc de présenter une version française validée
du questionnaire de Beck afin de disposer dun outil francophone dévaluation
permettant didentifier les expressions dune vulnérabilité pour la dépression.
Nous présenterons donc ici la traduction de léchelle, les analyses factorielles,
la cohérence interne des échelles et sous-échelles, la fidélité test-retest
ainsi que la validité concurrente du SAS avec le PSI-II.
Méthode
Traduction
La première étape a consisté à traduire chaque item de laméricain en français.
Ceci a été réalisé par des personnes qui étaient bilingues et biculturelles,
mais aussi compétentes dans le domaine étudié. Létape suivante a été la
traduction croisée où une autre personne bilingue nayant pas été associée
à la première phase de traduction a traduit la version française en américain.
cette étape, si la signification semblait avoir été perdue ou altérée,
alors litem était repassé dans tout le procédé en entier. La traduction
que nous avons faite diffère en quelques points dune traduction française
non validée de cette échelle (5). Une fois que la traduction a été faite,
nous avons pu nous assurer des qualités psychométriques de linstrument
dans le nouveau contexte.
Sujets
Notre échantillon était constitué de 1 028 étudiants de première année
de différentes disciplines de luniversité de Bordeaux. Léchantillon se
compose de 30,2 % dhommes et 69,8 % de femmes. La moyenne dâge est de
19,42 ans, écart-type = 1,58.
Procédure
Cette étude a été réalisée dans le cadre dun projet de recherche ayant
été approuvé par la Commission dÉthique sur les Recherches Humaines. Des
étudiants de premier cycle se sont vu proposer de participer à une recherche
durant un cours. La participation à cette étude était volontaire et anonyme,
et un consentement éclairé a été signé par chaque participant. Le SAS a
été rempli par lensemble des participants. Pour analyser la validité concurrente,
un sous-échantillon de 140 personnes a, dans le même temps, rempli la version
française du PSI-II de Robins et coll. (3,4). Enfin, il a été proposé à
un autre sous-échantillon de 75 personnes de remplir une deuxième fois
le questionnaire SAS, 3 mois après la première passation, afin de pouvoir
évaluer la fiabilité testretest.
Échelles
« Sociotropy Autonomy Scale » (SAS, 1). Le SAS est un autoquestionnaire
de 60 items mesurant la sociotropie et lautonomie. La personne est invitée
à indiquer le pourcentage de temps durant lequel chaque affirmation sapplique
à elle, en utilisant une échelle de fréquence. Pour le dépouillement, chaque
pourcentage correspond à une note de 0 à 4 (0 pour 0 %, 1 pour 25 %, 2
pour 50 %, 3 pour 75 % et 4 pour 100 %). Le score de sociotropie est calculé
en faisant la somme des notes obtenues aux 30 items de la sous-échelle
de sociotropie : items 1, 4, 5, 7, 8, 11, 15, 17, 18, 19, 24, 26, 27, 29,
31, 33, 34, 35, 38, 40, 44, 46, 47, 49, 50, 52, 53, 56, 58, 59. Le score
dautonomie sobtient en additionnant les notes aux 30 items restants,
items 2, 3, 6, 9, 10, 12, 13, 14, 16, 20, 21, 22, 23, 25, 28, 30, 32, 36,
37, 39, 41, 42, 43, 45, 48, 51, 54, 55, 57, 60. Les scores de sociotropie
dune part et dautonomie dautre part sont compris entre 0 minimum et
120 maximum. Dans léchelle initiale, chaque dimension renvoie à des sous-échelles
avec, pour lautonomie : 1) Réussite autonome ou individualiste (60, 32,
14, 3, 12, 9, 30, 48, 45, 39, 20, 2; 2) Mobilité ou liberté par rapport
au contrôle des autres (21, 55, 54, 13, 57, 41, 28, 23, 36, 43, 6, 22);
et 3) Préférence pour la solitude (16, 42, 10, 37, 25, 51). Et, pour la
sociotropie, 1) Inquiétude par rapport à la désapprobation dautrui (50,
44, 38, 24, 11, 33, 29, 17, 27, 18); 2) Attachement / inquiétude par rapport
à la séparation (31, 49, 34, 35, 4, 53, 40, 19, 26, 58, 59, 47, 8); et
3) Faire plaisir aux autres (5, 1, 46, 7, 52, 15, 56).
« Revised Personal Style Inventory » (PSI-II, 3). Le PSI-II, traduit et
validé en France (4), a été utilisé pour étudier la validité concurrente
du SAS. Ce questionnaire comprend 48 items cotés de 1 (fortement en désaccord)
à 6 (fortement daccord). Les items évaluent 6 dimensions. Le score de
sociotropie est obtenu en faisant la somme des 24 items des dimensions
« Préoccupations », « Dépendance », et « Plaisir ». Le score dautonomie
est obtenu par la somme des 24 items des dimensions « Perfectionnisme »,
« Besoin de contrôle », et « Séparation ».
Analyse des données
La structure du questionnaire en sous-échelles a été évaluée par analyse
factorielle. Dans un premier temps, nous avons vérifié empiriquement la
structure en 2 dimensions, sociotropie et autonomie, annoncée dans linstrument
initial (1). Ceci doit permettre de dégager éventuellement les items qui,
pour une question de traduction ou de compréhension, ne se regrouperaient
pas sous léchelle attendue. Dans un second temps, de la même façon que
ces auteurs, nous avons analysé chaque dimension de façon indépendante
pour voir si nous obtenions aussi les différentes sous-dimensions. Après
avoir vérifié la cohérence interne de chaque sous-échelle, nous avons évalué
leurs inter-corrélations.
Les statistiques descriptives des scores obtenus à chaque échelle et sous-échelle
sur léchantillon total ont été effectuées en précisant les différences
selon le sexe. La fiabilité test-retest a été ensuite évaluée en considérant
les corrélations entre les scores obtenus par les mêmes sujets après une
période de 3 mois. Enfin, la validité concurrente du SAS a été évaluée
en considérant la corrélation entre les scores du SAS et ceux du PSI-II.
Résultats
Structure factorielle
Le tableaux 1 et 2 rapporte les résultats des analyses factorielles en
composante principale réalisées à partir des 60 items du questionnaire.
La totalité des items se regroupe sous le facteur attendu excepté pour
les items 37 et 54. Litem 37 a la particularité davoir des coefficients
de saturation sous chaque facteur, semblables en valeur absolue, mais de
signe opposé. Les coefficients alpha de Cronbach de chaque échelle (0,88 pour Sociotropie et 0,79 pour Autonomie), similaires à ceux obtenus pour
linstrument initial (1) sont très satis- faisants et indiquent une très
grande cohérence interne de chaque dimension. La corrélation entre autonomie
et sociotropie est pratiquement nulle et non significative (r = 0,03) indiquant
que les 2 dimensions sont indépendantes.
Tableau 1 Résultats des analyses factorielles de la dimension sociotropie
(n = 1028)
|
|
|
Composante principale
|
|
Dimension sociotropie
|
1
|
2
|
3
|
|
|
Sousdimension 1 : Importance accordée au regard dautrui
|
|
|
|
|
38. Si quelquun critique mon apparence, je sens que je ne suis attirant(e)
pour personne. (S : 0.55 ;
A : 0.12)
|
0.70*
|
0.06
|
0.01
|
|
44. Je suis mal à laise quand je narrive pas à déterminer si une personne
que jai rencontrée maime bien ou pas. (S : 0.64 ; A : 0.02)
|
0.69*
|
0.03
|
0.03
|
|
24. Je suis gêné(e) si je ne suis pas sûr(e) du comportement quon attend
de moi en présence dautres personnes. (S : 0.53 ; A : 0.03)
|
0.67*
|
0.11
|
0.07
|
|
11. Je crains que si les personnes connaissaient mes défauts et mes faiblesses,
elles ne maimeraient pas. (S : 0.50 ; A : 0.08)
|
0.58*
|
0.09
|
0.13
|
|
29. Je me sens mal à laise aux côtés dune personne qui ne mapprécie
pas vraiment. (S : 0.57 ;
A : 0.03)
|
0.56*
|
0.13
|
0.02
|
|
50.Quand je suis avec dautres personnes, je cherche des signes pour savoir
sils aiment ou non être avec moi. (S : 0.61 ; A : 0.03)
|
0.54*
|
0.12
|
0.08
|
|
33. Je fais attention à ce que je dis car je suis soucieux(se) de la désapprobation
ou du désaccord dautrui. (S : 0.51 ; A : 0.08)
|
0.52*
|
0.01
|
0.17
|
|
27. Si un(e) ami(e) ne ma pas appelé(e) depuis un moment, je minquiète
à lidée quil ou elle mait oublié(e). (S : 0.59 ; A : 0.04)
|
0.51*
|
0.25
|
0.07
|
|
56. Cela me met mal à laise de ne pas être conformiste. (S : 0.41 ; A :
0.03)
|
0.48*
|
0.00
|
0.01
|
|
47.Cest important pour moi dêtre apprécié(e) et approuvé(e) par les autres.
(S : 0.68 ; A : 0.11)
|
0.46*
|
0.30
|
0.15
|
|
19. Je napprécie pas ce que je fais quand je ne sens pas que quelquun
dans ma vie se préoccupe vraiment de moi. (S : 0.55 ; A : 0.01)
|
0.45*
|
0.25
|
0.06
|
|
17. Je préfère que les autres mapprécient plutôt que réaliser des projets
importants. (S : 0.46 ;
A : 0.08)
|
0.36*
|
0.13
|
0.11
|
Sousdimension 2 : Inquiétude par rapport à la séparation et recherche
de soutien
|
|
40. Jaime passer mon temps libre avec les autres. (S : 0.32 ; A : 0.03)
|
0.36
|
0.69*
|
0.18
|
|
31. Je trouve difficile dêtre séparé(e) des gens que jaime. (S : 0.48 ;
A : 0.07)
|
0.02
|
0.63*
|
0.06
|
|
58. Le plus terrible dans le fait de vieillir est dêtre laissé(e) seul(e).
(S : 0.41 ; A : 0.04)
|
0.12
|
0.51*
|
0.14
|
|
34. Je me sens seul(e) quand je suis seul(e) chez moi le soir. (S : 0.51 ;
A : 0.10)
|
0.15
|
0.50*
|
0.02
|
|
35. Je me surprends souvent à penser à mes amis ou à ma famille. (S : 0.48 ;
A : 0.04)
|
0.02
|
0.50*
|
0.21
|
|
80. Je suis malheureux(se) lorsque je nai pas dactivité sociale prévue
pour le week-end. (S : 0.36 ;
A : 0.05)
|
0.03
|
0.48*
|
0.02
|
|
49. Avoir des liens étroits avec les autres personnes me rassure. (S : 0.53 ;
A : 0.06)
|
0.11
|
0.47*
|
0.21
|
|
18. Cela me mettrait mal à laise de dîner seul(e) au restaurant. (S : 0.42 ;
A : 0.02)
|
0.26
|
0.45*
|
0.27
|
|
53. Jaime être certain(e) de pouvoir contacter quelquun de proche au
cas où quelque chose de déplaisant marriverait. (S : 0.49 ; A : 0.10)
|
0.16
|
0.44*
|
0.02
|
|
26.Cela ne mamuserait pas beaucoup de voyager seul(e) dans un endroit
nouveau. (S : 0.35 ;
A : 0.05)
|
0.16
|
0.44*
|
0.25
|
|
59. Je redoute lidée que quelquun que jaime ne meure. (S : 0.36 ; A : 0.12)
|
0.07
|
0.42*
|
0.00
|
Sousdimension 3 : Attention envers autrui
|
|
52. Si je pense avoir contrarié quelquun, je tiens à mexcuser. (S: 0.41 ;
A : 0.05)
|
0.02
|
0.14
|
0.61*
|
|
46.Je mexcuse plus quil ne le faut auprès des gens. (S : 0.37 ; A : 0.06)
|
0.25
|
0.16
|
0.60*
|
|
15. Je fais des choses qui ne sont pas dans mon intérêt pour faire plaisir
aux autres. (S : 0.29 ; A : 0.01)
|
0.00
|
0.05
|
0.54*
|
|
1. Jai le sentiment quil faut que je sois gentil(le) avec les autres.
(S : 0.36 ; A: 0.04)
|
0.05
|
0.09
|
0.53*
|
|
5. Jai peur de faire de la peine aux autres. (S : 0.47 ; A : 0.02)
|
0.25
|
0.03
|
0.52*
|
|
7. Jai du mal à dire « non » aux autres. (S : 0.40 ; A : 0.06)
|
0.31
|
0.10
|
0.45*
|
|
4. Etre capable de partager des expériences avec dautres personnes les
rend beaucoup plus appréciables pour moi. (S : 0.33 ; A : 0.07)
|
0.03
|
0.31
|
0.32*
|
|
Cronbach alpha
|
0.84
|
0.75
|
0.68
|
Tableau 2 Résultats des analyses factorielles de la dimension autonomie
(n = 1028)
|
|
|
Composante principale
|
|
Dimension autonomie
|
1
|
2
|
3
|
|
|
Sousdimension 1 : Réalisation dobjectif et indépendance
|
|
32. Quand jatteins un objectif, jéprouve plus de satisfaction du fait
davoir atteint ce but que dans les louanges que je pourrais en avoir.
(S : 0.04 ; A : 0.38)
|
0.70*
|
0.06
|
0.01
|
|
48. Japprécie plus daccomplir des choses que den être récompensé(e).
(S : 0.04 ; A : 0.41)
|
0.69*
|
0.03
|
0.03
|
|
30. Si un objectif est important pour moi, je vais le poursuivre même si
cela peut gêner dautres personnes. (S : 0.02 ; A : 0.49)
|
0.67*
|
0.11
|
0.07
|
|
36. Je préfère organiser les choses moimême pour ne pas être contrôlé(e)
par les autres. (S : 0.04 ;
A : 0.50)
|
0.58*
|
0.09
|
0.13
|
|
39. Cest plus important de mener à bien un travail plutôt que de sinquiéter
des réactions dautrui.
(S : 0.08 ; A : 0.42)
|
0.56*
|
0.13
|
0.02
|
|
3. Il est plus important pour moi de savoir que jai fait du bon travail
plutôt que de le faire savoir aux autres. (S : 0.01 ; A : 0.34)
|
0.54*
|
0.12
|
0.08
|
|
60. La possibilité dêtre rejeté(e) par les autres pour avoir revendiqué
mes droits ne marrêterait pas.
(S : 0.31 ; A : 0.45)
|
0.52*
|
0.01
|
0.17
|
|
45.Je fixe mes propres critères et objectifs, plutôt que daccepter ceux
des autres personnes. (S : 0.02 ; A : 0.49)
|
0.51*
|
0.25
|
0.07
|
|
21. Cest très important que je me sente libre de faire ce que je veux
quand je veux. (S : 0.08 ; A : 0.46)
|
0.48*
|
0.00
|
0.01
|
|
12. Si je pense avoir raison à propos de quelque chose, cela ne me dérange
pas de mexprimer même si les autres naiment pas ça. (S : 0.20 ; A : 0.36)
|
0.46*
|
0.30
|
0.15
|
|
2. Il est important pour moi dêtre libre et indépendant(e). (S : 0.03 ;
A : 0.48)
|
0.45*
|
0.25
|
0.06
|
|
14. Il est plus important de réaliser des objectifs personnels sur une
tâche plutôt que ceux de quelquun dautre. (S : 0.06 ; A : 0.45)
|
0.36*
|
0.13
|
0.11
|
Sousdimension 2 : Attrait pour la solitude
|
|
20. Je ne suis pas influencé(e) par les autres dans ce que je décide de
faire. (S : 0.04 ; A : 0.36)
|
0.36
|
0.69*
|
0.18
|
|
22. Jaccorde plus de valeur à mes accomplissements dans le travail quà
me faire des amis. (S : 0.12 ; A : 0.35)
|
0.02
|
0.63*
|
0.06
|
|
16. Jaime faire de longues ballades tout(e) seul(e). (S : 0.02 ; A : 0.30)
|
0.12
|
0.51*
|
0.14
|
|
51. Jaime partir seul(e), explorer de nouveaux endroits. (S : 0.15 ; A :
0.30)
|
0.15
|
0.50*
|
0.02
|
|
42. Quand jai un problème, jaime partir seul(e) pour y réfléchir et le
résoudre plutôt que dêtre influencé(e) par les autres. (S : 0.07 ; A : 0.47)
|
0.02
|
0.50*
|
0.21
|
|
37. Je peux être à laise seul(e) toute la journée sans ressentir le besoin
davoir quelquun auprès de moi. (S : 0.31 ; A : 0.30)
|
0.03
|
0.48*
|
0.02
|
|
10. Quand je me sens malade, jaime quon me laisse seul(e). (S : 0.03 ;
A : 0.37)
|
0.11
|
0.47*
|
0.21
|
|
9. Il mimporte plus dêtre un individu unique que dêtre membre dun groupe.
(S : 0.03 ; A : 0.36)
|
0.26
|
0.45*
|
0.27
|
|
23. Je trouve quil est important de contrôler mes émotions. (S : 0.04 ;
A : 0.30)
|
0.16
|
0.44*
|
0.02
|
|
25. Je suis plus à laise pour aider les autres que pour recevoir de laide.
(S : 0.09 ; A : 0.29)
|
0.16
|
0.44*
|
0.25
|
|
54. Je me sens confiné(e) quand je dois rester assis(e) à une longue réunion.
(S : 0.32 ; A : 0.26)
|
0.07
|
0.42*
|
0.00
|
Sousdimension 3 : Valorisation de la liberté de mouvement et daction
|
|
13.Quand je rends visite à des gens, je ne tiens pas en place quand je
dois rester assis(e) à discuter, je préfèrerais me lever et faire quelque
chose. (S : 0.15 ; A : 0.26)
|
0.02
|
0.14
|
0.61*
|
|
55.Je naime pas que lon envahisse ma vie privée. (S : 0.06 ; A : 0.47)
|
0.25
|
0.16
|
0.60*
|
|
57.Le plus terrible en prison serait de perdre sa liberté de mouvements.
(S : 0.21 ; A : 0.28)
|
0.00
|
0.05
|
0.54*
|
|
28.Cest plus important dêtre actif(ve) et de faire des choses plutôt
que davoir des relations étroites avec dautres personnes. (S : 0.07 ;
A : 0.35)
|
0.05
|
0.09
|
0.53*
|
|
6.Cela me dérange lorsque les gens essaient de diriger ma conduite ou mes
activités.
(S : 0.04 ; A : 0.47)
|
0.25
|
0.03
|
0.52*
|
|
41.Je naime pas répondre à des questions personnelles car je les ressens
comme une intrusion dans ma vie privée. (S : 0.12 ; A : 0.26)
|
0.31
|
0.10
|
0.45*
|
|
43.Dans les relations, les personnes exigent souvent trop les unes des
autres. (S : 0.14 ; A : 0.23)
|
0.03
|
0.31
|
0.32*
|
|
Cronbach alpha
|
0.75
|
0.62
|
0.56*
|
S = Facteur sociotropie; A = Facteur autonomie
*P < 0.05
|
Dans un 2ième temps, nous avons procédé à des analyses factorielles sur
les dimensions de sociotropie et dautonomie de façon indépendante pour
mettre en évidence les sous-dimensions décrites dans loutil original.
Pour ces analyses, les items 37 et 54 ont été considérés dans léchelle
dautonomie. Le tableau 1 montre la répartition des items en 3 sous-dimensions
pour chacune des dimensions sociotropie et autonomie.
Pour la sociotropie, nous retrouvons globalement les mêmes sous-échelles
que Beck et collègues (1) avec linstrument initial. Seuls 4 items (19,
56, 18 et 4) sur 30 ne se retrouvent pas sous le facteur attendu. Compte
tenu de la répartition des items, nous avons nommé les facteurs : 1) importance
accordée au regard dautrui, 2) inquiétude par rapport à la séparation
et recherche de soutien et 3) attentions envers les autres. La cohérence
interne (alpha de Cronbach de 0,84, 0,75 et 0,68 respectivement) ainsi
que la cohérence conceptuelle de chaque sous-dimension sont satisfaisantes.
En ce qui concerne lautonomie, la répartition des items en 3 sous-dimensions
est différente de celle obtenue par Beck (1). La solution à 3 facteurs
reste toujours la plus adéquate, néanmoins la répartition des items est
différente. Compte tenu du sens des items regroupés sous chaque facteur,
nous avons pu les nommer : 1) réalisation dobjectif et indépendance, 2) attrait
pour la solitude et 3) valorisation de la liberté daction et de mouvement.
Les coefficients alpha de Cronbach sont moins satisfaisants que pour les
sous-dimensions de sociotropie, indiquant une moins bonne cohérence interne
(0,75, 0,62 et 0,56 respectivement). Nous constatons aussi que la plupart
des items de la sous-dimension 3 (ayant le plus faible coefficient alpha),
même sils ont été regroupés de façon attendue sous la dimension autonomie
dans la première analyse ne possèdent pas des coefficients de saturation
élevés sous ce facteur. Leur participation à la conceptualisation globale
de lautonomie est donc peut-être à revoir.
Les analyses effectuées indiquent que les corrélations des sous-dimensions
avec la dimension globale sont élevées (0,76 < r < 0,87 pour sociotropie
et 0,72 < r < 0,77 pour autonomie) et que les corrélations entre les sous-échelles
sont significatives bien que modérées à lintérieur de chaque dimension
(0,31 < r < 0,54 pour sociotropie et 0,33 < r < 0,36 pour autonomie) et
très faible entre sous-dimensions de différentes dimensions. Ceci suggère
une certaine complé- mentarité et une indépendance entre les sous-échelles
dans chaque dimension.
Statistiques descriptives
Dans notre échantillon, nous avons obtenu une moyenne de 68,23 (écart-type
16,68) pour la sociotropie et de 72,62 (écart-type 12.33) pour lautonomie.
La version américaine validée dans une population de 378 patients a obtenu
à léchelle de sociotropie une moyenne de 73,01 (écart-type 18,12), et
à léchelle dautonomie, une moyenne de 67,28 (écart-type 13,74). Dans
notre étude, les scores de sociotropie sont significativement plus élevés
chez les femmes (moyenne 70,5) que chez les hommes (moyenne 62,9) (t =
6,16, ddl 1026, P = 0,000), alors quaucune différence significative nest
apparue pour les scores dautonomie (moyenne 72,6).
Fiabilité
Concernant la fiabilité de la structure factorielle, nous avons répété
lensemble des analyses sur des moitiés de léchantillon sélectionnées
de manière aléatoire. Pour la structure globale en 2 facteurs, dans les
2 cas, la même structure factorielle a été retrouvée, avec litem 37 se
rattachant au facteur attendu une fois sur 2 et litem 54 se rattachant
au facteur non attendu. Concernant la détermination des sous-échelles pour
chaque dimension, nous avons pu confirmer parfaitement les 3 sous-échelles
trouvées pour la dimension sociotropie. Pour la dimension autonomie, pour
chaque analyse, les sous-échelles diffèrent, confirmant ainsi le problème
de cohérence pour la définition de ses sous-échelles.
La fiabilité test-retest a été évaluée en faisant repasser le questionnaire
à une partie de léchantillon 3 mois après la première passation. Les coefficients
de corrélation entre les scores obtenus à la première et à la deuxième
passation pour la sociotropie et lautonomie sont respectivement 0,81 et
0,76 (P < 0,01). Pour les sous-dimensions, les corrélations, toutes significatives
à P < 0,01, sont comprises entre 0,70 et 0,82, à lexception de la troisième
sous-dimension dautonomie dont la corrélation est de 0,53. Le niveau de
corrélation obtenu indique une fiabilité test-retest très satisfaisante,
notamment pour la sociotropie.
Afin de tester la validité concurrente, nous avons calculé pour une partie
de léchantillon les corrélations entre les scores obtenus avec notre outil
et ceux du PSI-II (3,4). Les corrélations fortement significatives entre
les 2 instruments sont de 0,64 pour la dimension sociotropie et 0,48 pour
la dimension autonomie, indiquant une validité concurrente satisfaisante.
Discussion
En suivant la démarche adoptée par Beck et collègues (1), nous retrouvons
pour la version française la structure en 2 dimensions, sociotropie et
autonomie, avec une très bonne cohérence interne. Lorsque chaque dimension
a été soumise de façon indépendante à une analyse factorielle, nous avons
bien retrouvé les mêmes 3 sous-dimensions que dans linstrument initial
pour la sociotropie (importance accordée au regard dautrui, inquiétude
par rapport à la séparation et recherche de soutien, et attentions envers
les autres), tant dun point de vue psychométrique que conceptuel. Concernant
lautonomie, si dune façon conceptuelle nous avons bien retrouvé 3 dimensions
proches de celles de Beck (réalisation dobjectif et indépendance, attrait
pour la solitude et valorisation de la liberté de mouvement et daction),
la répartition des items au sein de chaque sous-dimension diverge. Dans
une perspective de construction doutil en utilisant le critère couramment
accepté dun coefficient de saturation de 0,33, la plupart des items de
la troisième sous-dimension auraient été abandonnés ou révisés (6). Cependant,
lobjectif initial de cette étude étant la validation du SAS, il convenait
de ne pas en modifier la structure.
Les caractéristiques psychométriques de la version française sont tout
à fait satisfaisantes en ce qui concerne la fiabilité et la validité. La
corrélation modérée, mais cependant significative, entre les échelles dautonomie
du PSI-II et du SAS est congruente avec les observations détudes précédentes
(7). De plus, les différences entre femmes et hommes rappellent des résultats
obtenus par ailleurs, notamment lors de la validation française du PSI-II
(4).
Dans le cadre de la traduction dune échelle, une des premières pistes
à explorer est de remettre en cause la qualité de la traduction. Cette
question doit se poser notamment pour les 2 items qui ne se sont pas regroupés
de façon attendue. La formulation de litem 37, opposant la capacité à
être seul au besoin dun soutien social, permet de comprendre son aspect
bipolaire en rapport aux dimensions dautonomie et de sociotropie. Les
valeurs propres de litem 54, qui ne sature sur aucun des 2 facteurs de
manière satisfaisante, pourraient sexpliquer par une transposition difficile
en français de la formulation américaine. Ceci nous permet de rester attentifs
à la difficulté de tout travail de traduction, au nécessaire compromis
entre traduction littérale et pertinence concep- tuelle, les études transculturelles
ayant montré que sentiments ou symptomatologies peuvent être exprimés différemment
selon la culture (8).
Concernant les différences observées dans la répartition des items des
sous-dimensions dautonomie, nous pourrions penser quelles ne sont pas
spécifiquement dues à un problème de traduction. En effet, rien ne permet
de penser que le travail de traduction ait été spécifiquement de moins
bonne qualité en ce qui concerne les items dautonomie par rapport à ceux
de sociotropie. Nous pouvons donc envisager la question sous un aspect
beaucoup plus conceptuel. Ainsi, les cohésions internes parfois peu élevées
pour certaines de ces sous- dimensions suggèrent une certaine hétérogénéité
dans la définition du concept dautonomie.
Il est possible que la sociotropie et lautonomie aient des aspects dysfonctionnels
aussi bien que fonctionnels, ce qui pourrait influencer la structure même
des échelles (9,10). Lautonomie et la sociotropie pourraient mener à des
vulnérabilités vis-à-vis de déceptions ou de pertes, mais pourraient aussi
bien promouvoir la satisfaction et le développement personnel (11,12).
De plus, dans cette perspective, une approche dimensionnelle plutôt que
catégorielle de la sociotropie et de lautonomie semble préférable, car
elle permettrait alors un profilage plus sensible de ces 2 caractéristiques
(13,14).
Ces éléments surajoutés aux résultats divergents concernant la faible relation
entre autonomie et dépression ont amené à la révision de loutil avec la
création du SAS-R (2).
Un certain nombre de questions concernant la structure factorielle du SAS
restent en suspens (15). La structure factorielle initiale de Beck et collègues
(1) avait permis de dégager 3 sous-dimensions au sein des 2 échelles, mais
ces analyses navaient cependant pas été répliquées dans un large échantillon
indépendant. Dans une étude plus récente de Bieling, Beck et Brown (15),
la nouvelle structure factorielle obtenue comportait 2 sous-facteurs par
échelle et non 3 comme le stipulaient les analyses initiales. La différence
concerne principalement la dimension dautonomie, pour laquelle une solution
à 2 facteurs semblait mieux rendre compte des données. Lorsque nous avons
appliqué cette solution à 2 facteurs, nous avons retrouvé le premier facteur
de façon inchangée et le deuxième facteur est devenu une combinaison des
facteurs 2 et 3 de lanalyse précédente. Nous avons conservé la solution
à 3 facteurs dune part pour rester fidèle à lapproche initiale, dautre
part parce que la solution à 3 facteurs nous est apparue plus adaptée pour
rendre compte de nos données.
En conclusion, cette étude a permis la validation empirique dune version
francophone du SAS, ouvrant ainsi des perspectives quant à son utilisation
dans des recherches ultérieures notamment sur la mise à lépreuve dans
des populations francophones des modèles cognitifs de la dépression impliquant
ces 2 dimensions. Cet outil permettra également doffrir la possibilité
de mener des études transculturelles sur le rôle de la sociotropie et de
lautonomie dans la dépression dans des pays comme le Canada, en Europe,
ou encore dans les territoires francophones doutre-mer.
Cependant, les résultats devront être modérés par plusieurs limitations.
Lutilisation dun échantillon détudiants pose la question de la généralisation
de ces résultats à lensemble de la population générale. Si les qualités
psychométriques générales sont satisfaisantes, les fluctuations observées
pour les sous-dimensions dautonomie incitent à la prudence. Enfin, lobjectif
même de cette étude pose le problème de la transposition des notions de
sociotropie et dautonomie dune culture à lautre. En effet, si notre
démarche relève dune réplication de létude de Beck, le travail de définition
et de conceptualisation transculturelle, notamment de lautonomie, devra
néanmoins être approfondi. Cette version francophone du SAS pourra servir
de base pour de telles études.
Remerciements
Nous tenons à remercier le Professeur AT Beck de nous avoir donné la permission
de traduire et valider léchelle SAS. Nous remercions le Professeur J Swendsen,
directeur de la JE2358, pour avoir rendu possible la réalisation de cette
étude. Nous remercions également Martine Bouvard pour nous avoir communiqué
les informations sur son travail concernant la première traduction française
de léchelle SAS.
Bibliographie
1. Beck AT, Epstein N, Harrison RP, Emery G. Development of the Sociotropy-Autonomy
Scale: a measure of personality factors in psychopathology. Manuscrit
inédit, 1983.
2. Clark DA, Beck AT. Personality factors in dysphoria: A psychometric
refinement of Becks Sociotropy-Autonomy Scale. J Psychopathol Behav 1991;13:369
88.
3. Robins CJ, Ladd J, Welkowitz J, Blaney PH, Diaz R, Kutcher G. The personal
style inventory: Preliminary validation studies of new measures of sociotropy
and autonomy. J Psychopathol Behav 1994;16:277 300.
4. Loas G, Verrier A, Gayant C, Dhee-Perot P. Validation of the French
version of the revised Personal Style Inventory (PSI-II, Robins et autres,
1994). Encéphale 1998;24:33 9.
5. Bouvard M, Mollard E. Version française de léchelle de sociotropie-autonomie
de Beck. Journal de Thérapie Comportementale et Cognitive 1991;1:25 9.
6. Tabachnik BG, Fidell LS. Using multivariate statistics. New York: Harper
Collins; 1989.
7. Burke A, Haslam N. Relations between personality and depressive symptoms:
a multimeasure study of dependency, autonomy, and related constructs. J
Clin Psychol 2001;57:953 61.
8. Streiner DL, Norman GR. Health measurement scales: a practical guide
to their development and use. Oxford: Oxford University Press; 1995.
9. Pincus AL, Gurtman MB. The three faces of interpersonal dependency:
structural analyses of the self-report dependency measures. J Pers Soc
Psychol 1995;4:744 58.
10. Rude SS, Burnham BL. Connectedness and neediness: factors of the DEQ
and SAS dependency scales. Cognit Ther Res 1995;19:323 40.
11. Solomon A, Haaga DAF. Positive and negative aspects of sociotropy and
autonomy. J Psychopathol Behav 1994;16:243 52.
12. Haaga DF, Dyck MJ, Ernst D. Empirical status of cognitive theory of
depression. Psychol Bull 1991;110:215 36.
13. Coyne JC, Whiffen VE. Issues in personality as diathesis for depression:
the case of sociotropy/dependency and autonomy/self-criticism. Psychol
Bull 1995;118:358 78.
14. Nietzel MT, Harris MJ. Relationship of dependency and achievement/autonomy
to depression. Clin Psychol Rev 1990;10:279 97.
15. Bieling PJ, Beck AT, Brown GK. The Sociotropy-Autonomy Scale: structure
and implications. Cognit Ther Res 2000; 24:763 80.
Auteur(s)
Manuscrit reçu en mars 2003, révisé, et accepté en mars 2004.
1 Allocataire de recherche de lInstitut Universitaire de France
2 Avec le soutien du Conseil Régional de la Réunion et du Fond de Soutien
Européen (FSE), Allocation Régionale de Formation doctorale
3 MCU, Université Victor Segalen Bordeaux 2
Adresse de correspondance : Dre M Husky, Laboratoire de Psychologie Clinique
et Psychopathologie, JE 2358; Université Victor Segalen de Bordeaux 2;
3, place de la Victoire, 33076 Bordeaux, Cedex, France.
courriel: mathilde.husky@etud.u-bordeaux2.fr.
1 | 2
|