Canadian Psychiatric Association
 

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Guest Editorial
Highlighting Bipolar II Disorder
Gordon Parker, MD, PhD, DSc, FRANZCP
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In Review
Neurobiological Findings in Bipolar II Disorder Compared With Findings in Bipolar I Disorder

Brent M McGrath, BSc, MSc, Phillip H Wessels, MD, FRCPC, Emily C Bell, BSc, MSc, Michele Ulrich, BSc, Peter H Silverstone, MB, BS, MD, MRCPsych, FRCPC
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Bipolar II Disorder: An Overview of Recent Developments
George Hadjipavlou, MA, MD, Hiram Mok, MA, MB, BCh, BAO, FRCPC, Lakshmi N Yatham, MBBS, MRCPsych, FRCPC3 (PDF)


Review Paper
Bipolar Disorder: It’s All in Your Mind? The Neuropsychological Profile of a Biological Disorder
Gin S Malhi, BSc, MB, ChB, MRCPsych, FRANZCP, Belinda Ivanovski, Ssc Psychol, M Clin Psychol, Viktoria Szekeres, BSc,Psychol
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Original Research
Impact of Culture on Depressive Symptoms of Elderly Chinese Immigrants
Glenda MacQueen, MD, PhD, FRCPC
Daniel WL Lai, PhD
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Development and Reliability of a Pictorial Mental Disorders Screen for Young Adolescents
Nicole Smolla, PhD, Jean-Pierre Valla, MD, MSc, Lise Bergeron, PhD, Claude Berthiaume, MSc, Marie St-Georges, MPs
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Command Hallucinations Among Asian Patients With Schizophrenia
Theresa MY Lee, MBBS, MMed, Siow Ann Chong, MBBS, MMed, Yiong Huat Chan, PhD, Gangaharan Sathyadevan, MBBS, MRCPsych
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The Centre for Addiction and Mental Health Concurrent Disorders Screener
Juan C Negrete, MD, FRCPC, Jane Collins, MSc, Nigel E Turner, PhD, Wayne Skinner, MSW
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Validation de la version française du questionnaire de Sociotropie-Autonomie de Beck et collègues
Mathilde M Husky, MSc, Olivier S Grondin, MSc, Philippe D Compagnone, PhD
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Brief Communication
Depressive Symptoms and Alcohol Consumption Among Nonalcoholic Depression Patients Treated With Desipramine
Benjamin I Goldstein, MD, PhD, Ayal Schaffer, MD, FRCPC, Anthony Levitt, MD, FRCPC, Ari Zaretsky, MD, FRCPC, Russell T Joffe, MD, FRCPC, Virginia Wesson, MD, R Michael Bagby, PhD
Pierre Bleau, MD, FRCPC
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Letters to the Editor
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Safety of Clozapine in 2 Successive Pregnancies

Revisiting the Diagnostic Challenges of Secondary Mania and Bipolar Disorder in a Patient With Borderline Hyperthyroidism

Dyslipidaemia and Psychiatric Patients

Dream Contents in Patients With Major Depressive Disorder

Sensory Deprivation and Disorders of Perception

Re: The Internet’s Impact on the Practice of Psychiatry

Response: The Internet’s Impact on the Practice of Psychiatry

Denial and Avoidance in an Unusual Case of Death From Breast Cancer

Interferon-Induced Mania

Drug-Induced Psychosis After Long-Term Treatment With Levetiracetam

Priapism

An Ounce of Prevention: “COPEing with Toddler Behaviour”

Internet Gaming Addiction

Recherche originale 

Validation de la version française du questionnaire de Sociotropie-Autonomie de Beck et collègues

Mathilde M Husky, MSc1, Olivier S Grondin, MSc2, Philippe D Compagnone, PhD3,

 

Objectifs : L’objectif de cette étude est la validation de la version française du « Sociotropy- Autonomy Scale » (SAS) de Beck et collègues. Le SAS est un autoquestionnaire de 60 items divisé en 2 dimensions mesurant la sociotropie et l’autonomie.

Méthode : Mille vingt-huit étudiants ont rempli le SAS, dont 140 ont conjointement rempli le «  Personal Style Inventory-Revised  » de Robins et collègues, et 75 ont repassé le SAS à 3 mois d’intervalle.

Résultats : L’analyse factorielle en composante principale effectuée sur les 60 items a permis de dégager 2 dimensions distinctes : la sociotropie et l’autonomie. Les analyses factorielles appliquées à chaque dimension ont permis l’identification de 6 sous-dimensions comme dans l’outil original.

Conclusion : La version française présente des qualités psychométriques et conceptuelles satisfaisantes et permet l’étude de ces dimensions dans un échantillon francophone. La discussion des résultats porte sur l’adéquation avec la version originale de Beck.

(Rev can psychiatrie 2004;49:851–858)

Clic ici pour des affiliations d'auteur. 

Implications cliniques 

  • Disposer d’un instrument de recherche valide en langue française. 

  • Pouvoir isoler et évaluer 2 modes de personnalité, sociotropie et autonomie, et étudier leur rôle dans le déclenchement, le maintien, et le traitement de la dépression. 

  • Un outil en français offre la possibilité de mener des études transculturelles dans les pays comme le Canada, la France et autres territoires francophones. 

Limites 

  • La question de la généralisation des résultats peut se poser dans la mesure où nous utilisons un échantillon d’étudiants; 

  • Les sous-dimensions d’autonomie ne semblent pas très stables. 

  • La question de la transposition d’un concept d’une culture à l’autre se pose. 

Mots clés : autonomie, échelle d’évaluation, sociotropie, validation 

Abstract: Validation of the French translation of Beck’s Sociotropy-Autonomy Scale

Dans un modèle cognitif de la dépression, Beck et collègues (1) considèrent 2 dimensions de personnalité, sociotropie et autonomie, comme de possibles facteurs distaux qui influenceraient l’étiologie, la manifestation des symptômes et la réponse au traitement dans certaines dépressions.

La sociabilité est caractérisée par les croyances, les attitudes et les buts qui conduisent un individu vers les autres. La sociotropie, une composante de la sociabilité, peut être caractérisée par un état de dépendance sociale qui se manifeste par l’attente de soutien de la part d’autrui pour 1) assurer des fonctions nécessaires à la survie, 2) atténuer l’inconfort ou la souffrance, 3) mener à bien des projets, résoudre des problèmes et avoir un sentiment de maîtrise. La sociabilité repose sur des gratifications obtenues à la faveur de relations interpersonnelles impliquant l’intimité, le partage, l’empathie, la compréhension, l’approbation, l’affection, la protection, la guidance et l’aide. La sociotropie représente une forme extrême de sociabilité et s’exprime dans des propositions comme « J’ai besoin de l’aide d’autres personnes pour atteindre mes objectifs », ou encore « Si je n’ai pas d’aide, je ne serai pas capable de faire ce que j’ai à faire » (1). 

L’autonomie insiste sur la préoccupation des personnes par rapport à leur individualité, leur indépendance, leurs efforts pour réaliser un objectif, ainsi qu’une faible préoccupation pour les autres (2). L’individualité est une expression de valeurs, buts et volonté relevant de l’acquisition de pouvoir, et du contrôle exercé sur l’environnement. L’individualité se manifeste dans les objectifs et les efforts qui reflètent l’investissement exclusif d’une personne en elle-même : le développement de ses capacités, stratégies et intérêts qui peuvent ou non inclure d’autres personnes. Bien que les autres personnes ne représentent pas l’intérêt principal, elles peuvent éventuellement représenter un moyen de parvenir à des objectifs individualistes. 

La sociotropie et l’autonomie ne sont pas des types de personnalité en tant que tels, mais plutôt des dimensions pouvant dominer le fonctionnement psychologique d’un individu. Un mode peut prédominer, ou bien les 2 modes peuvent avoir une intensité équivalente chez un même individu. Ces concepts représenteraient des caractéristiques relativement stables de la personnalité. Beck (1) a émis l’hypothèse que les facteurs favorisant la dépression chez les individus autonomes ou sociotropes seraient liés aux sensibilités respectives de ces individus. Une personne fonctionnant en mode autonome deviendrait déprimée lorsqu’un facteur externe ou interne perçu comme irréversible viendrait contrecarrer l’accomplissement d’un objectif. D’autre part, les événements qui viennent interrompre les ressources sociales viendraient favoriser la dépression chez une personne sociotrope. 

L’autonomie et la sociotropie peuvent être étudiées dans la population anglo-saxonne avec 2 outils : le SAS de Beck (1) et le PSI-II (Personal Style Inventory-Revised) de Robins et collègues (3). Si dans leur version originale ces 2 outils révèlent de bonnes qualités psychométriques, seul le PSI-II traduit en langue française (4) a fait l’objet d’ une démarche complète de validation, a contrario d’une traduction française du SAS (5). 

Le SAS est constitué de 2 échelles regroupant chacune 30 items. Une analyse factorielle de chacune de ces échelles a révélé une structure en 3 dimensions pour chacune d’entre elles (réussite autonome ou individualiste, mobilité ou liberté par rapport au contrôle des autres et préférence pour la solitude sont les dimensions de l’autonomie; et inquiétude par rapport à la désapprobation d’autrui, attachement / inquiétude par rapport à la séparation et faire plaisir aux autres sont celles de la sociotropie) (1). 

L’objet de cet article est donc de présenter une version française validée du questionnaire de Beck afin de disposer d’un outil francophone d’évaluation permettant d’identifier les expressions d’une vulnérabilité pour la dépression. Nous présenterons donc ici la traduction de l’échelle, les analyses factorielles, la cohérence interne des échelles et sous-échelles, la fidélité test-retest ainsi que la validité concurrente du SAS avec le PSI-II. 

Méthode

Traduction

La première étape a consisté à traduire chaque item de l’américain en français. Ceci a été réalisé par des personnes qui étaient bilingues et biculturelles, mais aussi compétentes dans le domaine étudié. L’étape suivante a été la traduction croisée où une autre personne bilingue n’ayant pas été associée à la première phase de traduction a traduit la version française en américain. cette étape, si la signification semblait avoir été perdue ou altérée, alors l’item était repassé dans tout le procédé en entier. La traduction que nous avons faite diffère en quelques points d’une traduction française non validée de cette échelle (5). Une fois que la traduction a été faite, nous avons pu nous assurer des qualités psychométriques de l’instrument dans le nouveau contexte. 

Sujets

Notre échantillon était constitué de 1 028 étudiants de première année de différentes disciplines de l’université de Bordeaux. L’échantillon se compose de 30,2 % d’hommes et 69,8 % de femmes. La moyenne d’âge est de 19,42 ans, écart-type = 1,58. 

Procédure

Cette étude a été réalisée dans le cadre d’un projet de recherche ayant été approuvé par la Commission d’Éthique sur les Recherches Humaines. Des étudiants de premier cycle se sont vu proposer de participer à une recherche durant un cours. La participation à cette étude était volontaire et anonyme, et un consentement éclairé a été signé par chaque participant. Le SAS a été rempli par l’ensemble des participants. Pour analyser la validité concurrente, un sous-échantillon de 140 personnes a, dans le même temps, rempli la version française du PSI-II de Robins et coll. (3,4). Enfin, il a été proposé à un autre sous-échantillon de 75 personnes de remplir une deuxième fois le questionnaire SAS, 3 mois après la première passation, afin de pouvoir évaluer la fiabilité test–retest. 

Échelles

« Sociotropy Autonomy Scale » (SAS, 1). Le SAS est un autoquestionnaire de 60 items mesurant la sociotropie et l’autonomie. La personne est invitée à indiquer le pourcentage de temps durant lequel chaque affirmation s’applique à elle, en utilisant une échelle de fréquence. Pour le dépouillement, chaque pourcentage correspond à une note de 0 à 4 (0 pour 0 %, 1 pour 25 %, 2 pour 50 %, 3 pour 75 % et 4 pour 100 %). Le score de sociotropie est calculé en faisant la somme des notes obtenues aux 30 items de la sous-échelle de sociotropie : items 1, 4, 5, 7, 8, 11, 15, 17, 18, 19, 24, 26, 27, 29, 31, 33, 34, 35, 38, 40, 44, 46, 47, 49, 50, 52, 53, 56, 58, 59. Le score d’autonomie s’obtient en additionnant les notes aux 30 items restants, items 2, 3, 6, 9, 10, 12, 13, 14, 16, 20, 21, 22, 23, 25, 28, 30, 32, 36, 37, 39, 41, 42, 43, 45, 48, 51, 54, 55, 57, 60. Les scores de sociotropie d’une part et d’autonomie d’autre part sont compris entre 0 minimum et 120 maximum. Dans l’échelle initiale, chaque dimension renvoie à des sous-échelles avec, pour l’autonomie : 1) Réussite autonome ou individualiste (60, 32, 14, 3, 12, 9, 30, 48, 45, 39, 20, 2; 2) Mobilité ou liberté par rapport au contrôle des autres (21, 55, 54, 13, 57, 41, 28, 23, 36, 43, 6, 22); et 3) Préférence pour la solitude (16, 42, 10, 37, 25, 51). Et, pour la sociotropie, 1) Inquiétude par rapport à la désapprobation d’autrui (50, 44, 38, 24, 11, 33, 29, 17, 27, 18); 2) Attachement / inquiétude par rapport à la séparation (31, 49, 34, 35, 4, 53, 40, 19, 26, 58, 59, 47, 8); et 3) Faire plaisir aux autres (5, 1, 46, 7, 52, 15, 56).

« Revised Personal Style Inventory » (PSI-II, 3). Le PSI-II, traduit et validé en France (4), a été utilisé pour étudier la validité concurrente du SAS. Ce questionnaire comprend 48 items cotés de 1 (fortement en désaccord) à 6 (fortement d’accord). Les items évaluent 6 dimensions. Le score de sociotropie est obtenu en faisant la somme des 24 items des dimensions « Préoccupations », « Dépendance », et « Plaisir ». Le score d’autonomie est obtenu par la somme des 24 items des dimensions « Perfectionnisme », « Besoin de contrôle », et « Séparation ».

Analyse des données

La structure du questionnaire en sous-échelles a été évaluée par analyse factorielle. Dans un premier temps, nous avons vérifié empiriquement la structure en 2 dimensions, sociotropie et autonomie, annoncée dans l’instrument initial (1). Ceci doit permettre de dégager éventuellement les items qui, pour une question de traduction ou de compréhension, ne se regrouperaient pas sous l’échelle attendue. Dans un second temps, de la même façon que ces auteurs, nous avons analysé chaque dimension de façon indépendante pour voir si nous obtenions aussi les différentes sous-dimensions. Après avoir vérifié la cohérence interne de chaque sous-échelle, nous avons évalué leurs inter-corrélations. 

Les statistiques descriptives des scores obtenus à chaque échelle et sous-échelle sur l’échantillon total ont été effectuées en précisant les différences selon le sexe. La fiabilité test-retest a été ensuite évaluée en considérant les corrélations entre les scores obtenus par les mêmes sujets après une période de 3 mois. Enfin, la validité concurrente du SAS a été évaluée en considérant la corrélation entre les scores du SAS et ceux du PSI-II.

Résultats

Structure factorielle

Le tableaux 1 et 2 rapporte les résultats des analyses factorielles en composante principale réalisées à partir des 60 items du questionnaire. La totalité des items se regroupe sous le facteur attendu excepté pour les items 37 et 54. L’item 37 a la particularité d’avoir des coefficients de saturation sous chaque facteur, semblables en valeur absolue, mais de signe opposé. Les coefficients alpha de Cronbach de chaque échelle (0,88 pour Sociotropie et 0,79 pour Autonomie), similaires à ceux obtenus pour l’instrument initial (1) sont très satis- faisants et indiquent une très grande cohérence interne de chaque dimension. La corrélation entre autonomie et sociotropie est pratiquement nulle et non significative (r = 0,03) indiquant que les 2 dimensions sont indépendantes.

Tableau 1  Résultats des analyses factorielles de la dimension sociotropie (n = 1028) 
  Composante principale 

Dimension sociotropie 


Sous–dimension 1 : Importance accordée au regard d’autrui 

     

38. Si quelqu’un critique mon apparence, je sens que je ne suis attirant(e) pour personne. (S : 0.55 ;
A : –0.12) 

0.70* 

–0.06 

–0.01 

44. Je suis mal à l’aise quand je n’arrive pas à déterminer si une personne que j’ai rencontrée m’aime bien ou pas.  (S : 0.64 ; A : –0.02) 

0.69* 

0.03 

0.03 

24. Je suis gêné(e) si je ne suis pas sûr(e) du comportement qu’on attend de moi en présence d’autres personnes.  (S : 0.53 ; A : 0.03) 

0.67* 

–0.11 

0.07 

11. Je crains que si les personnes connaissaient mes défauts et mes faiblesses, elles ne  m’aimeraient pas.  (S : 0.50 ; A : 0.08) 

0.58* 

–0.09 

0.13 

29. Je me sens mal à l’aise aux côtés d’une personne qui ne m’apprécie pas vraiment.  (S : 0.57 ;
A : –0.03) 

0.56* 

0.13 

–0.02 

50.Quand je suis avec d’autres personnes, je cherche des signes pour savoir s’ils aiment ou non être avec moi.  (S : 0.61 ; A : 0.03) 

0.54* 

0.12 

0.08 

33. Je fais attention à ce que je dis car je suis soucieux(se) de la désapprobation ou du désaccord d’autrui.  (S : 0.51 ; A : –0.08) 

0.52* 

–0.01 

0.17 

27. Si un(e) ami(e) ne m’a pas appelé(e) depuis un moment, je m’inquiète à l’idée qu’il ou elle m’ait oublié(e).  (S : 0.59 ; A : –0.04) 

0.51* 

0.25 

–0.07 

56. Cela me met mal à l’aise de ne pas être conformiste.  (S : 0.41 ; A : 0.03) 

0.48* 

–0.00 

–0.01 

47.C’est important pour moi d’être apprécié(e) et approuvé(e) par les autres.  (S : 0.68 ; A : –0.11) 

0.46* 

0.30 

0.15 

19. Je n’apprécie pas ce que je fais quand je ne sens pas que quelqu’un dans ma vie  se préoccupe vraiment de moi.  (S : 0.55 ; A : –0.01) 

0.45* 

0.25 

–0.06 

17. Je préfère que les autres m’apprécient plutôt que réaliser des projets importants.  (S : 0.46 ;
A : –0.08) 

0.36* 

0.13 

0.11 


Sous–dimension 2 :  Inquiétude par rapport à la séparation et recherche de soutien 

40. J’aime passer mon temps libre avec les autres.  (S : 0.32 ; A : –0.03) 

–0.36 

0.69* 

0.18 

31. Je trouve difficile d’être séparé(e) des gens que j’aime.  (S : 0.48 ; A : 0.07) 

–0.02 

0.63* 

0.06 

58. Le plus terrible dans le fait de vieillir est d’être laissé(e) seul(e).  (S : 0.41 ; A : –0.04) 

0.12 

0.51* 

–0.14 

34. Je me sens seul(e) quand je suis seul(e) chez moi le soir.  (S : 0.51 ; A : –0.10) 

0.15 

0.50* 

0.02 

35. Je me surprends souvent à penser à mes amis ou à ma famille.  (S : 0.48 ; A : 0.04) 

0.02 

0.50* 

0.21 

80. Je suis malheureux(se) lorsque je n’ai pas d’activité sociale prévue pour le week-end.  (S : 0.36 ;
A : 0.05) 

–0.03 

0.48* 

0.02 

49. Avoir des liens étroits avec les autres personnes me rassure.  (S : 0.53 ; A : –0.06) 

0.11 

0.47* 

0.21 

18. Cela me mettrait mal à l’aise de dîner seul(e) au restaurant.  (S : 0.42 ; A : 0.02) 

0.26 

0.45* 

–0.27 

53. J’aime être certain(e) de pouvoir contacter quelqu’un de proche  au cas où quelque chose de déplaisant m’arriverait.  (S : 0.49 ; A : 0.10) 

0.16 

0.44* 

0.02 

26.Cela ne m’amuserait pas beaucoup de voyager seul(e) dans un endroit nouveau.  (S : 0.35 ;
A : –0.05) 

0.16 

0.44* 

–0.25 

59. Je redoute l’idée que quelqu’un que j’aime ne meure.  (S : 0.36 ; A : 0.12) 

0.07 

0.42* 

–0.00 


Sous–dimension 3 :  Attention envers autrui 

52. Si je pense avoir contrarié quelqu’un, je tiens à m’excuser.  (S: 0.41 ; A : 0.05) 

0.02 

0.14 

0.61* 

46.Je m’excuse plus qu’il ne le faut auprès des gens.  (S : 0.37 ; A : 0.06) 

0.25 

–0.16 

0.60* 

15. Je fais des choses qui ne sont pas dans mon intérêt pour faire plaisir aux autres.  (S : 0.29 ; A : 0.01) 

0.00 

0.05 

0.54* 

1. J’ai le sentiment qu’il faut que je sois gentil(le) avec les autres.  (S : 0.36 ; A: 0.04) 

0.05 

0.09 

0.53* 

5. J’ai peur de faire de la peine aux autres.  (S : 0.47 ; A : –0.02) 

0.25 

0.03 

0.52* 

7. J’ai du mal à dire « non » aux autres.  (S : 0.40 ; A : –0.06) 

0.31 

–0.10 

0.45* 

4. Etre capable de partager des expériences avec d’autres personnes les rend beaucoup plus appréciables pour moi.  (S : 0.33 ; A : 0.07) 

–0.03 

0.31 

0.32* 

Cronbach alpha 

0.84 

0.75 

0.68 



Tableau 2  Résultats des analyses factorielles de la dimension autonomie  (n = 1028) 
  Composante principale 

Dimension autonomie 


Sous–dimension 1 :  Réalisation d’objectif et indépendance 

32. Quand j’atteins un objectif, j’éprouve plus de satisfaction du fait d’avoir atteint ce but que dans les louanges que je pourrais en avoir.  (S : –0.04 ; A : 0.38) 

0.70* 

–0.06 

–0.01 

48. J’apprécie plus d’accomplir des choses que d’en être récompensé(e).  (S : –0.04 ; A : 0.41) 

0.69* 

0.03 

0.03 

30. Si un objectif est important pour moi, je vais le poursuivre même si cela peut gêner d’autres personnes.  (S : –0.02 ; A : 0.49) 

0.67* 

–0.11 

0.07 

36. Je préfère organiser les choses moi–même pour ne pas être contrôlé(e) par les autres.  (S : 0.04 ;
A : 0.50) 

0.58* 

–0.09 

0.13 

39. C’est plus important de mener à bien un travail plutôt que de s’inquiéter des réactions d’autrui.  
(S : –0.08 ; A : 0.42) 

0.56* 

0.13 

–0.02 

3. Il est plus important pour moi de savoir que j’ai fait du bon travail plutôt que de le faire savoir aux autres.  (S : –0.01 ; A : 0.34) 

0.54* 

0.12 

0.08 

60. La possibilité d’être rejeté(e) par les autres pour avoir revendiqué mes droits ne m’arrêterait pas.  
(S : –0.31 ; A : 0.45) 

0.52* 

–0.01 

0.17 

45.Je fixe mes propres critères et objectifs, plutôt que d’accepter ceux des autres personnes.  (S : –0.02 ; A : 0.49) 

0.51* 

0.25 

–0.07 

21. C’est très important que je me sente libre de faire ce que je veux quand je veux.  (S : 0.08 ; A : 0.46) 

0.48* 

–0.00 

–0.01 

12. Si je pense avoir raison à propos de quelque chose, cela ne me dérange pas de m’exprimer même si les autres n’aiment pas ça.  (S : –0.20 ; A : 0.36) 

0.46* 

0.30 

0.15 

2. Il est important pour moi d’être libre et indépendant(e).  (S : 0.03 ; A : 0.48) 

0.45* 

0.25 

–0.06 

14. Il est plus important de réaliser des objectifs personnels sur une tâche plutôt que ceux  de quelqu’un d’autre.  (S : 0.06 ; A : 0.45) 

0.36* 

0.13 

0.11 


Sous–dimension 2 :  Attrait pour la solitude 

20. Je ne suis pas influencé(e) par les autres dans ce que je décide de faire.  (S : –0.04 ; A : 0.36) 

–0.36 

0.69* 

0.18 

22. J’accorde plus de valeur à mes accomplissements dans le travail qu’à me faire des amis.  (S : –0.12 ; A : 0.35) 

–0.02 

0.63* 

0.06 

16. J’aime faire de longues ballades tout(e) seul(e).  (S : –0.02 ; A : 0.30) 

0.12 

0.51* 

–0.14 

51. J’aime partir seul(e), explorer de nouveaux endroits.  (S : –0.15 ; A : 0.30) 

0.15 

0.50* 

0.02 

42. Quand j’ai un problème, j’aime partir seul(e) pour y réfléchir et le résoudre plutôt que d’être influencé(e) par les autres.  (S : –0.07 ; A : 0.47) 

0.02 

0.50* 

0.21 

37. Je peux être à l’aise seul(e) toute la journée sans ressentir le besoin d’avoir quelqu’un auprès de moi.  (S : –0.31 ; A : 0.30) 

–0.03 

0.48* 

0.02 

10. Quand je me sens malade, j’aime qu’on me laisse seul(e).  (S : –0.03 ; A : 0.37) 

0.11 

0.47* 

0.21 

9. Il m’importe plus d’être un individu unique que d’être membre d’un groupe.  (S : –0.03 ; A : 0.36) 

0.26 

0.45* 

–0.27 

23. Je trouve qu’il est important de contrôler mes émotions.  (S : –0.04 ; A : 0.30) 

0.16 

0.44* 

0.02 

25. Je suis plus à l’aise pour aider les autres que pour recevoir de l’aide.  (S : 0.09 ; A : 0.29) 

0.16 

0.44* 

–0.25 

54. Je me sens confiné(e) quand je dois rester assis(e) à une longue réunion. (S : 0.32 ; A : 0.26) 

0.07 

0.42* 

–0.00 


Sous–dimension 3 :  Valorisation de la liberté de mouvement et d’action 

13.Quand je rends visite à des gens, je ne tiens pas en place quand je dois rester assis(e)  à discuter, je préfèrerais me lever et faire quelque chose.  (S : 0.15 ; A : 0.26) 

0.02 

0.14 

0.61* 

55.Je n’aime pas que l’on envahisse ma vie privée.  (S : 0.06 ; A : 0.47) 

0.25 

–0.16 

0.60* 

57.Le plus terrible en prison serait de perdre sa liberté de mouvements.  (S : 0.21 ; A : 0.28) 

0.00 

0.05 

0.54* 

28.C’est plus important d’être actif(ve) et de faire des choses plutôt que d’avoir des  relations étroites avec d’autres personnes.  (S : 0.07 ; A : 0.35) 

0.05 

0.09 

0.53* 

6.Cela me dérange lorsque les gens essaient de diriger ma conduite ou mes activités.  
(S : 0.04 ; A : 0.47) 

0.25 

0.03 

0.52* 

41.Je n’aime pas répondre à des questions personnelles car je les ressens comme une intrusion dans ma vie privée.  (S : 0.12 ; A : 0.26) 

0.31 

–0.10 

0.45* 

43.Dans les relations, les personnes exigent souvent trop les unes des autres.  (S : 0.14 ; A : 0.23) 

–0.03 

0.31 

0.32* 

Cronbach alpha 

0.75 

0.62 

0.56* 


S = Facteur sociotropie; A = Facteur autonomie
*P < 0.05 

Dans un 2ième temps, nous avons procédé à des analyses factorielles sur les dimensions de sociotropie et d’autonomie de façon indépendante pour mettre en évidence les sous-dimensions décrites dans l’outil original. Pour ces analyses, les items 37 et 54 ont été considérés dans l’échelle d’autonomie. Le tableau 1 montre la répartition des items en 3 sous-dimensions pour chacune des dimensions sociotropie et autonomie.

Pour la sociotropie, nous retrouvons globalement les mêmes sous-échelles que Beck et collègues (1) avec l’instrument initial. Seuls 4 items (19, 56, 18 et 4) sur 30 ne se retrouvent pas sous le facteur attendu. Compte tenu de la répartition des items, nous avons nommé les facteurs : 1) importance accordée au regard d’autrui, 2) inquiétude par rapport à la séparation et recherche de soutien et 3) attentions envers les autres. La cohérence interne (alpha de Cronbach de 0,84, 0,75 et 0,68 respectivement) ainsi que la cohérence conceptuelle de chaque sous-dimension sont satisfaisantes.

En ce qui concerne l’autonomie, la répartition des items en 3 sous-dimensions est différente de celle obtenue par Beck (1). La solution à 3 facteurs reste toujours la plus adéquate, néanmoins la répartition des items est différente. Compte tenu du sens des items regroupés sous chaque facteur, nous avons pu les nommer : 1) réalisation d’objectif et indépendance, 2) attrait pour la solitude et 3) valorisation de la liberté d’action et de mouvement. Les coefficients alpha de Cronbach sont moins satisfaisants que pour les sous-dimensions de sociotropie, indiquant une moins bonne cohérence interne (0,75, 0,62 et 0,56 respectivement). Nous constatons aussi que la plupart des items de la sous-dimension 3 (ayant le plus faible coefficient alpha), même s’ils ont été regroupés de façon attendue sous la dimension autonomie dans la première analyse ne possèdent pas des coefficients de saturation élevés sous ce facteur. Leur participation à la conceptualisation globale de l’autonomie est donc peut-être à revoir.

Les analyses effectuées indiquent que les corrélations des sous-dimensions avec la dimension globale sont élevées (0,76 < r < 0,87 pour sociotropie et 0,72 < r < 0,77 pour autonomie) et que les corrélations entre les sous-échelles sont significatives bien que modérées à l’intérieur de chaque dimension (0,31 < r < 0,54 pour sociotropie et 0,33 < r < 0,36 pour autonomie) et très faible entre sous-dimensions de différentes dimensions. Ceci suggère une certaine complé- mentarité et une indépendance entre les sous-échelles dans chaque dimension.

Statistiques descriptives

Dans notre échantillon, nous avons obtenu une moyenne de 68,23 (écart-type 16,68) pour la sociotropie et de 72,62 (écart-type 12.33) pour l’autonomie. La version américaine validée dans une population de 378 patients a obtenu à l’échelle de sociotropie une moyenne de 73,01 (écart-type 18,12), et à l’échelle d’autonomie, une moyenne de 67,28 (écart-type 13,74). Dans notre étude, les scores de sociotropie sont significativement plus élevés chez les femmes (moyenne 70,5) que chez les hommes (moyenne 62,9) (t  = –6,16, ddl 1026, P = 0,000), alors qu’aucune différence significative n’est apparue pour les scores d’autonomie (moyenne 72,6).

Fiabilité

Concernant la fiabilité de la structure factorielle, nous avons répété l’ensemble des analyses sur des moitiés de l’échantillon sélectionnées de manière aléatoire. Pour la structure globale en 2 facteurs, dans les 2 cas, la même structure factorielle a été retrouvée, avec l’item 37 se rattachant au facteur attendu une fois sur 2 et l’item 54 se rattachant au facteur non attendu. Concernant la détermination des sous-échelles pour chaque dimension, nous avons pu confirmer parfaitement les 3 sous-échelles trouvées pour la dimension sociotropie. Pour la dimension autonomie, pour chaque analyse, les sous-échelles diffèrent, confirmant ainsi le problème de cohérence pour la définition de ses sous-échelles.

La fiabilité test-retest a été évaluée en faisant repasser le questionnaire à une partie de l’échantillon 3 mois après la première passation. Les coefficients de corrélation entre les scores obtenus à la première et à la deuxième passation pour la sociotropie et l’autonomie sont respectivement 0,81 et 0,76 (P < 0,01). Pour les sous-dimensions, les corrélations, toutes significatives à P < 0,01, sont comprises entre 0,70 et 0,82, à l’exception de la troisième sous-dimension d’autonomie dont la corrélation est de 0,53. Le niveau de corrélation obtenu indique une fiabilité test-retest très satisfaisante, notamment pour la sociotropie.

Afin de tester la validité concurrente, nous avons calculé pour une partie de l’échantillon les corrélations entre les scores obtenus avec notre outil et ceux du PSI-II (3,4). Les corrélations fortement significatives entre les 2 instruments sont de 0,64 pour la dimension sociotropie et 0,48 pour la dimension autonomie, indiquant une validité concurrente satisfaisante.

Discussion

En suivant la démarche adoptée par Beck et collègues (1), nous retrouvons pour la version française la structure en 2 dimensions, sociotropie et autonomie, avec une très bonne cohérence interne. Lorsque chaque dimension a été soumise de façon indépendante à une analyse factorielle, nous avons bien retrouvé les mêmes 3 sous-dimensions que dans l’instrument initial pour la sociotropie (importance accordée au regard d’autrui, inquiétude par rapport à la séparation et recherche de soutien, et attentions envers les autres), tant d’un point de vue psychométrique que conceptuel. Concernant l’autonomie, si d’une façon conceptuelle nous avons bien retrouvé 3 dimensions proches de celles de Beck (réalisation d’objectif et indépendance, attrait pour la solitude et valorisation de la liberté de mouvement et d’action), la répartition des items au sein de chaque sous-dimension diverge. Dans une perspective de construction d’outil en utilisant le critère couramment accepté d’un coefficient de saturation de 0,33, la plupart des items de la troisième sous-dimension auraient été abandonnés ou révisés (6). Cependant, l’objectif initial de cette étude étant la validation du SAS, il convenait de ne pas en modifier la structure.

Les caractéristiques psychométriques de la version française sont tout à fait satisfaisantes en ce qui concerne la fiabilité et la validité. La corrélation modérée, mais cependant significative, entre les échelles d’autonomie du PSI-II et du SAS est congruente avec les observations d’études précédentes (7). De plus, les différences entre femmes et hommes rappellent des résultats obtenus par ailleurs, notamment lors de la validation française du PSI-II (4).

Dans le cadre de la traduction d’une échelle, une des premières pistes à explorer est de remettre en cause la qualité de la traduction. Cette question doit se poser notamment pour les 2 items qui ne se sont pas regroupés de façon attendue. La formulation de l’item 37, opposant la capacité à être seul au besoin d’un soutien social, permet de comprendre son aspect bipolaire en rapport aux dimensions d’autonomie et de sociotropie. Les valeurs propres de l’item 54, qui ne sature sur aucun des 2 facteurs de manière satisfaisante, pourraient s’expliquer par une transposition difficile en français de la formulation américaine. Ceci nous permet de rester attentifs à la difficulté de tout travail de traduction, au nécessaire compromis entre traduction littérale et pertinence concep- tuelle, les études transculturelles ayant montré que sentiments ou symptomatologies peuvent être exprimés différemment selon la culture (8).

Concernant les différences observées dans la répartition des items des sous-dimensions d’autonomie, nous pourrions penser qu’elles ne sont pas spécifiquement dues à un problème de traduction. En effet, rien ne permet de penser que le travail de traduction ait été spécifiquement de moins bonne qualité en ce qui concerne les items d’autonomie par rapport à ceux de sociotropie. Nous pouvons donc envisager la question sous un aspect beaucoup plus conceptuel. Ainsi, les cohésions internes parfois peu élevées pour certaines de ces sous- dimensions suggèrent une certaine hétérogénéité dans la définition du concept d’autonomie.

Il est possible que la sociotropie et l’autonomie aient des aspects dysfonctionnels aussi bien que fonctionnels, ce qui pourrait influencer la structure même des échelles (9,10). L’autonomie et la sociotropie pourraient mener à des vulnérabilités vis-à-vis de déceptions ou de pertes, mais pourraient aussi bien promouvoir la satisfaction et le développement personnel (11,12). De plus, dans cette perspective, une approche dimensionnelle plutôt que catégorielle de la sociotropie et de l’autonomie semble préférable, car elle permettrait alors un profilage plus sensible de ces 2 caractéristiques (13,14).

Ces éléments surajoutés aux résultats divergents concernant la faible relation entre autonomie et dépression ont amené à la révision de l’outil avec la création du SAS-R (2).

Un certain nombre de questions concernant la structure factorielle du SAS restent en suspens (15). La structure factorielle initiale de Beck et collègues (1) avait permis de dégager 3 sous-dimensions au sein des 2 échelles, mais ces analyses n’avaient cependant pas été répliquées dans un large échantillon indépendant. Dans une étude plus récente de Bieling, Beck et Brown (15), la nouvelle structure factorielle obtenue comportait 2 sous-facteurs par échelle et non 3 comme le stipulaient les analyses initiales. La différence concerne principalement la dimension d’autonomie, pour laquelle une solution à 2 facteurs semblait mieux rendre compte des données. Lorsque nous avons appliqué cette solution à 2 facteurs, nous avons retrouvé le premier facteur de façon inchangée et le deuxième facteur est devenu une combinaison des facteurs 2 et 3 de l’analyse précédente. Nous avons conservé la solution à 3 facteurs d’une part pour rester fidèle à l’approche initiale, d’autre part parce que la solution à 3 facteurs nous est apparue plus adaptée pour rendre compte de nos données.

En conclusion, cette étude a permis la validation empirique d’une version francophone du SAS, ouvrant ainsi des perspectives quant à son utilisation dans des recherches ultérieures notamment sur la mise à l’épreuve dans des populations francophones des modèles cognitifs de la dépression impliquant ces 2 dimensions. Cet outil permettra également d’offrir la possibilité de mener des études transculturelles sur le rôle de la sociotropie et de l’autonomie dans la dépression dans des pays comme le Canada, en Europe, ou encore dans les territoires francophones d’outre-mer.

Cependant, les résultats devront être modérés par plusieurs limitations. L’utilisation d’un échantillon d’étudiants pose la question de la généralisation de ces résultats à l’ensemble de la population générale. Si les qualités psychométriques générales sont satisfaisantes, les fluctuations observées pour les sous-dimensions d’autonomie incitent à la prudence. Enfin, l’objectif même de cette étude pose le problème de la transposition des notions de sociotropie et d’autonomie d’une culture à l’autre. En effet, si notre démarche relève d’une réplication de l’étude de Beck, le travail de définition et de conceptualisation transculturelle, notamment de l’autonomie, devra néanmoins être approfondi. Cette version francophone du SAS pourra servir de base pour de telles études.

Remerciements

Nous tenons à remercier le Professeur AT Beck de nous avoir donné la permission de traduire et valider l’échelle SAS. Nous remercions le Professeur J Swendsen, directeur de la JE2358, pour avoir rendu possible la réalisation de cette étude. Nous remercions également Martine Bouvard pour nous avoir communiqué les informations sur son travail concernant la première traduction française de l’échelle SAS.


Bibliographie

1. Beck AT, Epstein N, Harrison RP, Emery G. Development of the Sociotropy-Autonomy Scale:  a measure of personality factors in psychopathology. Manuscrit inédit, 1983. 

2. Clark DA, Beck AT. Personality factors in dysphoria: A psychometric refinement of Beck’s Sociotropy-Autonomy Scale. J Psychopathol Behav 1991;13:369 88. 

3. Robins CJ, Ladd J, Welkowitz J, Blaney PH, Diaz R, Kutcher G. The personal style inventory: Preliminary validation studies of new measures of sociotropy and autonomy. J Psychopathol Behav 1994;16:277 300. 

4. Loas G, Verrier A, Gayant C, Dhee-Perot P. Validation of the French version of the revised Personal Style Inventory (PSI-II, Robins et autres, 1994). Encéphale 1998;24:33 9. 

5. Bouvard M, Mollard E. Version française de l’échelle de sociotropie-autonomie de Beck. Journal de Thérapie Comportementale et Cognitive 1991;1:25 9. 

6. Tabachnik BG, Fidell LS. Using multivariate statistics. New York: Harper Collins; 1989. 

7. Burke A, Haslam N. Relations between personality and depressive symptoms: a multimeasure study of dependency, autonomy, and related constructs. J Clin Psychol 2001;57:953 61. 

8. Streiner DL, Norman GR. Health measurement scales: a practical guide to their development and use. Oxford: Oxford University Press; 1995. 

9. Pincus AL, Gurtman MB. The three faces of interpersonal dependency: structural analyses of the self-report dependency measures. J Pers Soc Psychol 1995;4:744 58. 

10. Rude SS, Burnham BL. Connectedness and neediness: factors of the DEQ and SAS dependency scales. Cognit Ther Res 1995;19:323 40. 

11. Solomon A, Haaga DAF. Positive and negative aspects of sociotropy and autonomy. J Psychopathol Behav 1994;16:243 52. 

12. Haaga DF, Dyck MJ, Ernst D. Empirical status of cognitive theory of depression. Psychol Bull 1991;110:215 36. 

13. Coyne JC, Whiffen VE. Issues in personality as diathesis for depression: the case of sociotropy/dependency and autonomy/self-criticism. Psychol Bull 1995;118:358 78. 

14. Nietzel MT, Harris MJ. Relationship of dependency and achievement/autonomy to depression. Clin Psychol Rev 1990;10:279 97. 

15. Bieling PJ, Beck AT, Brown GK. The Sociotropy-Autonomy Scale: structure and implications. Cognit Ther Res 2000; 24:763 80. 


Auteur(s)

Manuscrit reçu en mars 2003, révisé, et accepté en mars 2004.

1 Allocataire de recherche de l’Institut Universitaire de France 

2 Avec le soutien du Conseil Régional de la Réunion et du Fond de Soutien Européen (FSE), Allocation Régionale de Formation doctorale 

3 MCU, Université Victor Segalen Bordeaux 2 

Adresse de correspondance : Dre M Husky, Laboratoire de Psychologie Clinique et Psychopathologie, JE 2358; Université Victor Segalen de Bordeaux 2; 3, place de la Victoire, 33076 Bordeaux, Cedex, France.

courriel: mathilde.husky@etud.u-bordeaux2.fr.

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