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Résumé : Réaction neuroendocrinienne aiguë à la stimulation sexuelle chez les délinquants sexuels
Contexte : Plusieurs approches pharmacothérapeutiques ont confirmé l’influence des paramètres neuroendocriniens sur le désir, la fonction et les fantasmes sexuels chez les hommes; cependant, la pertinence de changements neuroendocriniens aigus qui apporteraient des pulsions sexuelles accrues demeure inconnue. Nous avons récemment démontré que la prolactine plasmatique augmente substantiellement chez les hommes en santé après l’orgasme, ce qui indique un mécanisme de rétroaction pour la prolactine périphérique dans le contrôle de l’excitation sexuelle aiguë. Comme la prolactine semble jouer un rôle de contrôle des pulsions sexuelles aiguës, cette étude a été entreprise pour voir si les délinquants sexuels ayant de fortes pulsions sexuelles ont une réaction neuroendocrinienne différente à l’excitation sexuelle. Cette étude compare la réaction de la prolactine à l’orgasme des délinquants sexuels ayant de fortes pulsions sexuelles à celle de sujets en santé ayant des pulsions sexuelles moyennes.
Méthodes : D’un bassin de sujets de 150 patients internes détenus pour crimes sexuels, nous avons recruté 10 volontaires en fonction de leurs fortes pulsions sexuelles déterminées par une entrevue clinique intensive semi-structurée. Nous avons défini les pulsions sexuelles par une brève phase réfractaire, une forte sexualisation ou une fréquence élevée de stimulation sexuelle. Nous avons analysé la réaction psychoneuroendocrinienne aiguë à l’excitation sexuelle et à l’orgasme de façon continue avant, pendant et après l’orgasme induit par masturbation chez les patients et les sujets témoins.
Résultats : Les délinquants sexuels ont démontré un désir sexuel accru (P < 0,001) et une fonction sexuelle accrue (P < 0,001 ), et une phase réfractaire perçue de façon plus positive (P < 0,05). Les deux groupes ont révélé une augmentation prolongée et significative des niveaux plasmatiques de prolactine après l’orgasme (P < 0,001). Les délinquants sexuels ne différaient pas des sujets témoins pour ce qui est de la réaction neuroendocrinienne à l’excitation sexuelle et à l’orgasme.
Conclusions : Ces données démontrent que les délinquants sexuels ayant de fortes pulsions sexuelles ne diffèrent pas des sujets témoins dans la réaction neuroendocrinienne post-orgasmique et en particulier, dans la libération de prolactine. Cette étude confirme que des facteurs autres que les hormones périphériques influencent le comportement sexuel déviant.
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