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Résumé : Le passage à la manie après interruption des antidépresseurs chez les patients souffrant de troubles de l’humeur : une analyse de la documentation
Objectif : Chercher dans la documentation des cas déclarés de manie liée à l’interruption du traitement aux antidépresseurs ainsi que des explications possibles de ce phénomène, et présenter une étude de cas.
Méthode : Nous avons entrepris une analyse de la documentation à l’aide de l’index PubMed, en utilisant les mots clés manie, antidépresseur, sevrage, et antidépresseurs du trouble bipolaire. Nous avons examiné 11 articles présentant 23 cas. Quand c’était possible, nous avons noté et totalisé certains paramètres tant pour le trouble bipolaire (TB) que pour la dépression unipolaire. Nous utilisons un exemple de cas pour illustrer le phénomène de la manie induite par le sevrage d’antidépresseur.
Résultats : Chez les patients souffrant de dépression unipolaire, nous avons trouvé 17 cas déclarés de manie induite par le sevrage d’antidépresseur. Les antidépresseurs en cause comprenaient des antidépresseurs tricycliques (ATC) (12/17), des inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) (2/17), de la trazodone (1/17), de la mirtazapine (1/17) et de la paroxétine (1/17). Chez les patients souffrant de TB, nous avons trouvé 19 cas déclarés de manie induite par le sevrage d’antidépresseur, y compris notre propre exemple de cas. Parmi ceux-ci, les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (ISRS) (10/19), les ATC (4/19), les IMAO (2/19), et les inhibiteurs du recaptage de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN) (2/19) étaient en cause.
Conclusions : Notre étude de cas appuie l’observation de manie induite par le sevrage d’antidépresseur chez les patients souffrant de TB. Elle se distingue de la manie induite par un antidépresseur, du sevrage de médicament physiologique et de la manie dans le cours naturel de la maladie. De nombreuses théories ont été mises de l’avant pour expliquer cette manifestation. L’hyperactivité noradrénergique et « la surexcitation cholinergique induite par le sevrage et le système cholinergique-monoaminergique » sont les deux modèles les plus recherchés et soutenus. Le premier est limité par une mauvaise corrélation clinique et le deuxième, par son applicabilité réservée aux anticholinergiques.
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