Canadian Psychiatric Association

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Editorial
In This Issue
Quentin Rae-Grant
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Original Research
Quality of Life in OCD: Differential Impact of Obsessions, Compulsions, and Depression Comorbidity

Mario Masellis, Neil A Rector, Margaret A Richter

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A Pilot Study of a Parent-Education Group for Families Affected by Depression
Mark Sanford, Carolyn Byrne, Susan Williams, Sandy Atley, Ted Ridley, Jennifer Miller, Heather Allin

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Differentiating Symptoms of Complicated Grief and Depression Among Psychiatric Outpatients
John S Ogrodniczuk, William E Piper, Anthony S Joyce, Rene Weideman, Mary McCallum, Hassan F Azim, John S Rosie

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Filicidal Women: Jail or Psychiatric Ward?
Line Laporte, Bernard Poulin, Jacques Marleau, Renée Roy, Thierry Webanck

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Phenomenology and Comorbidity of Dysthymic Disorder in 100 Consecutively Referred Children and Adolescents: Beyond DSM-IV
Gabriele Masi, Stefania Millepiedi, Maria Mucci, Rosa Rita Pascale, Giulio Perugi, Hagop S Akiskal

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A Multicentre Prospective Controlled Study to Determine the Safety of Trazodone and Nefazodone Use During Pregnancy
Adrienne Einarson, Lori Bonari, Sharon Voyer-Lavigne, Antonio Addis, Doreen Matsui, Yvette Johnson, Gideon Koren

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Brief Communication
Clozapine Treatment in Patients With Prior Substance Abuse

Deanna L Kelly, Elizabeth A Gale, Robert R Conley

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The Effect of Peer Support on Postpartum Depression: A Pilot Randomized Controlled Trial
Cindy-Lee Dennis

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Book Reviews
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Psychological Aspects of Women’s Health Care: The Interface Between Psychiatry and Obstetrics and Gynecology. 2nd Edition.
Reviewed by
Vera Lantos, MD, FRCPC

Introduction to Functional Magnetic Resonance Imaging: Principles and Techniques.
Reviewed by
Jimmy Jensen, PhD,
Shitij Kapur, MD, FRCPC, PhD

Planification et évaluation des besoins en santé mentale.
Revue par
Raymond Tempier, MD

Clinical Interaction and the Analysis of Meaning: A New Psychoanalytic Theory.
Reviewed by
Paul Ian Steinberg, MD, FRCPC

Evidence and Experience in Psychiatry. Volume 2: Schizophrenia.
Reviewed by
Mary V Seeman, MD

Schizophrenia Revealed: From Neurons to Social Interactions.
Reviewed by
Emmanuel Stip, MD

How’s Your Marriage? A Book for Men and Women.
Reviewed by
Karl M Tomm, MD FRCPC,
Cynthia A Beck, MD MASc FRCPC

L’extermination des malades mentaux dans l’allemagne nazie.
Revue par
Frédéric Grunberg, MD

Physicalism and Its Discontents.
Reviewed by
Dorian Deshauer, MD FRCP


Letters to the Editor
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Zenker’s Diverticulum and Psychosis in the Elderly

Anorgasmia and Withdrawal Syndrome in a Woman Taking Gabapentin

Stage-Oriented Trauma Treatment Using Dialectical Behaviour Therapy

Sexual Sadism With Lust-Murder Proclivities in a Female?

Topiramate-Induced Suicidality

Bright-Light Therapy in Somatization Disorder

Venlafaxine-Induced Delirium

New Dosage-Reduction Regime to Avoid Paroxetine Discontinuation Syndrome

Risperidone-Induced Galactorrhoea: A Case Series

Gamma Hydroxybutyrate Withdrawal in an Orthopedic Trauma Patient

Version française de la Wender Utah Rating Scale (WURS)

Book Review


Histoire de la psychiatrie

L’extermination des malades mentaux dans l’allemagne nazie. Alice Ricciardi von Platen, Collection « Des Travaux et des Jours », Paris : Edition Érès ; 2001. 170 p. CAN$32,95


Évaluation finale*: Bon

Revue par : Frédéric Grunberg, MD

L’extermination de 70 000 malades et déficients mentaux, perpétrée par des psychiatres qui s’étaient mis à la remorque de l’État nazi, est restée un sujet tabou pendant plusieurs décennies après l’effondrement de l’Allemagne hitlérienne, en 1945.

Et pourtant, dès 1948, Alice Ricciardi von Platen publia son ouvrage en allemand, qui fut aussitôt oublié et qui devra attendre une réédition en 1993 et en 1998 pour connaître un important succès. La traduction française de Patrick Faugeras, publiée en 2001, nous livre la première tentative de description des crimes commis par les nazis dans le champ médical et plus particulièrement, dans celui de la psychiatrie.

Dans cet ouvrage, Alice Ricciardi von Platen met en lumière les racines historiques de ces crimes et la façon dont ils ont été concrètement organisés. Elle cherche à comprendre les motivations théoriques qui ont poussé de nombreux psychiatres, directement ou indirectement, au meurtre de 70 000 malades mentaux. Elle analyse aussi comment les principes idéologiques du IIIe Reich ont pu s’infiltrer dans le monde de la psychiatrie et en modifier l’éthique de l’eugénisme et de l’euthanasie.

Ce livre de 170 pages se divise en 10 chapitres décrivant les origines du concept de l’euthanasie en Allemagne et la responsabilité des psychiatres dans ce programme monstrueux.

L’ouvrage d’un juriste et d’un psychiatre, Binding et Hoche, intitulé Die Freigabe der Vernichtung des Lebensunswer-ten Lebens (L’autorisation d’éliminer des vies n’étant plus dignes d’être vécues) avait déjà été publié en 1922, en Allemagne

Hitler avait alors introduit la notion de la pureté de la race et dans une perspective eugéniste, l’élimination des dégénérés. C’est d’après cette notion que se sont développés des médecins « idéalistes » ayant la foi dans une société nouvelle, qui se sont mis avec un dévouement total au service de la collectivité. Beaucoup de ces jeunes médecins formés à la pensée biologique, qui ne reconnaît à la vie qu’une valeur biologique, acceptèrent facilement l’euthanasie involontaire.

Le 1er septembre 1939, le jour où la Deuxième Guerre mondiale se déclenche par l’invasion de la Pologne, Hitler émet une ordonnance sur son papier à lettre personnel :

« Le Reichsleiter Bouhler et le Dr Brandt sont chargés, sous leur propre responsabilité, d’élargir les compétences de certains médecins qu’ils auront eux-mêmes désignés, les autorisant à accorder la mort par faveur aux malades qui, selon le jugement humain et à la suite d’une évaluation critique de l’état de leur maladie, auront été considérés incurables. »

Cette ordonnance, qui ne fut jamais érigée en loi, fut exécutée par l’administration du parti nazi en secret jusqu’en 1941, quand Hitler en ordonna la cessation par un ordre oral, suite à une protestation des Églises.

La mise en œuvre de « l’euthanasie » au sein du IIIe Reich ne fut pas planifiée après la prise du pouvoir par les nazis. On ne parlait pas d’exterminer les Juifs, mais de faire obstacle à leur « influence néfaste ». Aussi les malades mentaux ne devaient pas être éliminés, mais exclus de la reproduction grâce à la loi sur la stérilisation obligatoire entrée en vigueur en 1933. Il s’agissait donc de racisme et d’eugénisme.

Hitler avait souvent eu connaissance de requêtes de parents réclamant la mort de leurs enfants malformés ou déficients mentaux. Au cours de l’été 1939, il envoyait son médecin privé, le docteur Karl Brandt, à Leipzig où des parents avaient demandé la mort de leur enfant né aveugle, avec un bras malformé ou privé d’une jambe. Pour ce cas, Hitler ordonna lui-même l’euthanasie de cet enfant pour que les parents ne se sentent pas responsables.

L’extermination programmée des malades mentaux avait commencé dans des services de pédopsychiatrie. Par ailleurs, des traitements étaient prodigués à des enfants jugés aptes à vivre. Tout un réseau de psychiatrie infantile homicide avait été mis en place par le docteur Conti, sous le vocable anodin de la « Commission du Reich pour le recensement des maladies génétiques graves et à caractère héréditaire ».

Après l’ordonnance de Hitler, la mise en œuvre de l’euthanasie chez les adultes fut confiée au professeur Werner Heyde, professeur de psychiatrie à l’Université de Würsburg et au professeur Nitsche, directeur de l’Asile de Sonnenstein.

Au cours de l’automne de 1939, le « programme » fut lancé sous forme d’un recensement dans les hôpitaux, basé sur un questionnaire administré à tous les patients psychiatriques d’Allemagne et d’Autriche. Ces questionnaires étaient alors analysés par trois psychiatres experts indépendants qui sélectionnaient les patients pour l’extermination.

Six centres d’extermination empruntant l’apparence d’hôpitaux psychiatriques furent créés, et des patients sélectionnés étaient transportés par autobus. Le centre le plus notoire était « Hadamar » où on avait préparé des chambres à gaz camouflées en salles de douche et des fours crématoires pour l’incinération des cadavres. Quelque temps après le décès du patient, la famille recevait une lettre de réconfort l’informant que de façon inattendue, suite à son transfert, le malade avait contracté une maladie contre laquelle les efforts des médecins s’étaient avérés vains.

Malgré les nombreuses précautions prises, on n’arriva pas à éviter de tragiques erreurs. Par exemple, un patient déclaré mort par appendicite avait déjà subi l’ablation de l’appendice dix ans plus tôt. Ce sont d’ailleurs ces erreurs qui ont mis la puce à l’oreille de la population.

En août 1941, sous la pression des Églises et de certains membres du parti nazi lui-même, Hitler ordonna la suspension du programme d’euthanasie. Cependant, la mise à mort de certains patients continua dans plusieurs asiles. Par exemple, on pratiqua ce qu’on a appelé la « diète B » : des « services de dénutrition » étaient aménagés grâce auxquels on pensait obtenir un dépérissement rapide des patients.

Par la suite, le livre présente des exemples concrets de psychiatres qui ont participé à ce programme avec beaucoup d’enthousiasme en adhérant à cette idéologie néodarwinienne et sociobiologique. On retrouve également dans cet ouvrage des psychiatres et d’autres professionnels de la santé comme des infirmiers, infirmières qui ont résisté activement à ce programme funeste, mais ils n’étaient pas nombreux.

En lisant ce livre, on a la nette impression que la grande majorité des psychiatres n’ont pas adhéré à ce programme par idéologie. Ils se sont tout simplement fiés passivement à l’autorité de la bureaucratie de l’État national socialiste.

Ce livre n’est pas long à lire, le prix en est raisonnable et il devrait se trouver dans toutes les bibliothèques où l’on enseigne la psychiatrie. Au moment où l’enseignement de l’éthique aux résidents en psychiatrie prend de plus en plus de place dans le programme d’études, la lecture de cet ouvrage devrait être fortement encouragée. Il peut aussi éclairer les débats contemporains de bioéthique sur l’euthanasie.



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