Book Review
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Dictionnaire de la pensée kleinienne. Robert D Hinshelwood. Paris: Presses Universitaires de France; 2000. 581 p. 139 $CAN
Évaluation de ce livre*: très bon
Revue par : Pierre Doucet
Montréal, Quebec
Dans la foulée du Vocabulaire de la psychanalyse de Jean Laplanche et Jean Bertrand Pontalis, portant sur l’œuvre de Freud, le père de la psychanalyse, voici un dictionnaire qui nous permet de découvrir et d’approfondir la pensée de Mélanie Klein, considérée par bon nombre comme étant la mère de la psychanalyse. Comme le laisse entendre le titre, il s’agit non seulement d’étudier les découvertes de madame Klein, mais aussi celles de ses épigones les plus importants. Pour n’en nommer que quelques-uns parmi les plus connus, mentionnons Herbert Rosenfeld, Susan Isaacs, Paula Heimann, Donald Winnicott, Roger Money Kirle, Wilfred Bion, Hanna Segal, Betty Joseph et Donald Meltzer. Cela permet une étude verticale de la pensée qui nous offre l’avantage de pouvoir repérer l’évolution de cette théorie très riche et de compléter harmonieusement la pensée freudienne, centrée tout d’abord sur le conflit oedipien. Ici, nous pouvons mieux saisir la complexité des stades préoedipiens et la façon dont ils s’appliquent à tous les genres de psychopathologies et aux états dits normaux.
Il faut rappeler que l’école kleinienne était encore honnie en Amérique du Nord il y a à peine une génération, pendant qu’elle florissait en Angleterre et en Amérique du Sud. Aujourd’hui, elle a conquis le monde et la pensée psychothérapique d’orientation psychanalytique. Les théories qui la composent, issues de l’étude des enfants et des techniques de jeu, ont été aidées par des psychanalystes influents, comme Otto Kernberg en Amérique, qui a su dédouaner ces théories qui se sont ainsi améliorées, adoucies et diversifiées, de sorte qu’elles doivent faire partie du bagage psychothérapique moderne.
Ce dictionnaire a déjà une histoire qui mérite d’être rappelée pour montrer le sérieux de la traduction de grande qualité qui nous est présentée maintenant. L’œuvre originale anglaise date de la fin des années 1980 et est le fruit du travail d’un membre de la jeune génération kleinienne. La première publication a eu lieu en 1989. Elle fut fortement critiquée par de nombreux kleiniens et une seconde édition revue et corrigée a paru au début des années 1990. Hanna Segal en donna une nouvelle critique dans International Journal of Psychoanalysis, que j’ai relue pour constater que dans l’ensemble, la représentante principale du monde de l’orthodoxie kleinienne est satisfaite du travail accompli. Bien sûr, elle relève quelques points mineurs qu’elle aurait souhaité voir présenter différemment, mais je crois que le matériel apporté permet à tout un chacun d’utiliser à bon escient et avantageusement la pensée kleinienne.
Le volume utilise des entrées principales pour les thèmes majeurs et des entrées générales pour les thèmes secondaires. Comme entrée principale, l’identification projective, terme utilisé par tous maintenant, est finalement analysée en vingt-cinq pages. Ce livre dépasse son objectif et montre la compétence de son auteur. Tout est rédigé de façon claire mais non concise dans une mise en page correcte. Par contre, le prix est trop élevé. Nul doute que ce livre est à recommander pour tous les psychothérapeutes qui désirent se prévaloir de la pensée kleinienne.
*Reviewer
Rating Scale/ Échelle dévaluation du réviseur
Excellent / Excellent
Very Good / Très bon
Good / Bon
Fair / Passable
Not recommended / Pas recommandé
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