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Résumé : Vers des repères pour les soins tertiaires des adultes souffrant de graves troubles mentaux persistants
Contexte : On a accordé peu d’attention à établir des repères pour les soins tertiaires des adultes souffrant de graves troubles mentaux. Pourtant, la disponibilité et l’utilisation efficace des ressources résidentielles déterminent la capacité d’un système de soins complet d’éviter l’encombrement des lits de soins actifs dont le nombre diminue sans cesse.
Objectifs : Décrire l’utilisation actuelle et les besoins projetés de soins tertiaires dans la zone desservie par un hôpital psychiatrique de l’est de Montréal, et comparer les résultats obtenus avec l’utilisation actuelle et les besoins projetés évalués dans d’autres provinces canadiennes et d’autres pays, dans l’optique d’établir des repères nationaux.
Méthode : Deux sondages ont été entrepris pour établir le nombre de places utilisées et nécessaires dans ces installations pour adultes de 18 à 65 ans, qui provenaient à l’origine de la zone desservie et qui avaient de graves troubles mentaux sans diagnostic principal de déficience mentale ou de syndrome cérébral organique. Un premier sondage évaluait le nombre de places utilisées et celui des places nécessaires pour des soins résidentiels chez tous les patients hospitalisés à long terme et tous les adultes dans des installations résidentielles supervisées. Un deuxième sondage déterminait le besoin d’une telle hospitalisation de longue durée, de maisons de repos et d’installations supervisées comme solution de rechange ou comme complément de l’hospitalisation pour les patients hospitalisés des soins actifs.
Résultats : La ratio actuel des places dans les unités de longue durée des hôpitaux, des maisons de repos et des installations résidentielles supervisées était de 150 : 100 000 habitants. Le ratio idéal, selon les besoins estimés, est de 171 : 100 000. Ce chiffre se décompose ainsi : 20 : 100 000 pour les unités de longue durée d’hôpitaux, 20 : 100 000 pour les maisons de repos, 40 : 100 000 pour les foyers de groupe, 40 : 100 000 pour les résidences privées ou les familles d’accueil, et 51 : 100 000 pour les appartements supervisés. Les besoins de cette population urbaine de cols bleus en matière de places résidentielles supervisées oscillaient dans l’extrémité supérieure de l’utilisation et des normes pour les pays européens, et des normes proposées pour les provinces canadiennes.
Discussion : Les besoins d’une hospitalisation de longue durée ou d’installations résidentielles supervisées ne peuvent être traités comme un absolu. Par exemple, l’évaluation menée dans ce système principalement hospitalier de soins psychiatriques peut produire des estimations plus élevées de soins institutionnels. Comparer l’utilisation actuelle et les besoins projetés dans cette zone urbaine desservie avec l’utilisation courante dans d’autres territoires du Canada et d’Europe devrait contribuer à établir de solides repères nationaux à l’échelle.
Conclusion : Il est possible d’établir des repères qui guident la mise sur pied de cadres résidentiels supervisés afin de répondre au mieux aux besoins de la population des adultes souffrant de graves troubles mentaux persistants. Les méthodes utilisées ici pour évaluer les besoins devraient servir de lignes directrices aux futures études, parce qu’elles ont été conçues pour maîtriser le biais de sur-fourniture ou de sous-fourniture de soins dans l’utilisation actuelle des cadres résidentiels supervisés.
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