Canadian Psychiatric Association

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Éditorial
Chronique Mon C**
Alain Lesage, Raymond Morissette
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Editorial
Chronic My A**
Alain Lesage, Raymond Morissette
(PDF)

En Revue
Réadaptation Psychiatrique en Milieu Francophone : Pratiques Actuelles, Défis Futurs
Raymond Tempier, Jérôme Favrod
(PDF)

In Review
Rehabilitation in the United Kingdom: Research, Policy, and Practice
Frank Holloway, Jerome Carson, Sarah Davis

(PDF)

Review Papers
Breaking the Myths: New Treatment Approaches for Chronic Depression

Erin E Michalak, Raymond W Lam

(PDF)

Mental Health Reform and Evolution of General Psychiatry In Ontario
John Robert Swenson, Jacques Bradwejn

(PDF)

Original Research
Mental Retardation in Teenagers: Prevalence Data From the Niagara Region, Ontario

Elspeth A Bradley, Ann Thompson, Susan E Bryson

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Treatment-Seeking Rates and Associated Mediating Factors Among Individuals With Depression
Kristin Bristow, Scott Patten

(PDF)

Brief Communication
Proton Magnetic Resonance Spectroscopy of the Hippocampus and Occipital White Matter in PTSD: Preliminary Results

Gerardo Villarreal, Helen Petropoulos, Derek A Hamilton, Laura M Rowland, William P Horan, Jacqueline A Griego, Margaret Moreshead, Blaine L Hart, William M Brooks

(PDF)

Risperidone Decreases Craving and Relapses in Individuals with Schizophrenia and Cocaine Dependence
David A Smelson, Miklos F Losonczy, Craig W Davis, Maureen Kaune, John Williams, Douglas Ziedonis

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CPA Position Paper
The Duty to Protect


APC Énoncé de principe de l’APC
Le devoir de protection


Book Reviews
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Hidden Faults: Recognizing and Resolving Therapeutic Disjunctions.

The New Oxford Textbook of Psychiatry

Unfree Associations: Inside Psychoanalytic Institutes

Treatment for Chronic Depression: Cognitive Behavioral Analysis System of Psychotherapy

Forensic Psychiatric Evidence


Letters to the Editor
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Catastrophic Reactions Induced by Tetrabenazine

Olanzapine: A Proarrhythmic Drug?

Respiratory Symptoms in Nocturnal Panic Attacks

Carbon Dioxide Test in Respiratory Panic Disorder Subtype

Depression in Multiple Sclerosis Associated With Interferon Beta-1a (Rebif)

Atypical Antipsychotics and Glycemia: A Case Report

Olecranon Bursitis as a Complication of Tardive Dyskinesia

The Canadian Journal of Psychiatry

Volume 47
Ottawa, Canada, September 2002 septembre
Number 7

Éditorial

Chronique Mon C**

Alain Lesage, MD1, Raymond Morissette, MD, FRCPC2

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Qu’est-ce qui se cache derrière ces astérisques? Un coup de semonce à notre association et aux psychiatres du Canada pour continuer à combattre la stigmatisation qui frappe les personnes souffrant de troubles mentaux, stigmatisation qui est toujours présente. L’expression colorée a été lancée il y a plusieurs années par des groupes d’usagers et de défense des droits en Amérique, un cri du cœur, un cri de révolte contre ce terme de « patient chronique », terme que l’on ne retrouve plus dans l’édition française ou anglaise des exigences spécifiques du programme de formation en psychiatrie du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, mais qui se trouve encore dans certains programmes de résidence, dans le cadre du stage obligatoire de six mois en « Réadaptation avec les malades chroniques ». On l’entend d’ailleurs encore dans les réunions de nos départements de psychiatrie et dans les corridors de nos établissements : « les étages de chroniques », « les cas chroniques », « les handicapés chroniques » ou simplement « les chroniques ». Ces termes répétés par les médecins, les professionnels, les administrateurs et le personnel sont inévitablement reflétés aux patients et à leurs proches. La personne est chronique de même que le personnel intervenant : quelle stigmatisation!

Tout se passe comme si les valeurs et les pratiques de réadaptation n’avaient pas été intégrées par le milieu des services de psychiatriques. Qu’est-il arrivé du message livré il y a plus de six ans à ce même journal par Leona Bachrach (1) qui plaidait pour un rapprochement et une intégration de la psychiatrie et de la réadaptation psychosociale? La réadaptation psychosociale prône une série de valeurs dont principalement, l’espoir d’un rétablissement qui s’envole en fumée au quotidien, lorsque le patient et le personnel entendent les médecins et autres membres du personnel parler de « malades chroniques », de « cas chroniques » dans une « unité de chroniques ».

L’évaluation des ramifications et des conséquences de ce terme stigmatisant se mesure à un niveau individuel, local et régional ou national (2). Au niveau individuel, le terme « chronique » bloque l’espoir d’un rétablissement, les efforts thérapeutiques de réadaptation, car le médecin et le personnel accordent moins d’attention et de temps aux « chroniques », ce qui peut aller jusqu’à l’oubli et même à l’abandon. Au niveau local, on marque par ce terme la ségrégation d’un groupe de patients, le résultat étant un moindre investissement, une moindre valorisation du personnel qui travaille auprès de ces personnes. Cela peut signifier le blocage de l’accès à des interventions innovatrices thérapeutiques, à une nouvelle médication, à de nouvelles interventions psychologiques ou à de nouvelles tentatives de réadaptation. Au niveau régional et national, l’emploi du terme chronique perpétue la stigmatisation dans la formation des résidents en psychiatrie, des professionnels de la santé mentale et du personnel de la santé. Cela perpétue aussi la stigmatisation au niveau de la population en général et des décideurs à tous niveaux.

Les deux articles de ce numéro portent sur la réadaptation psychiatrique en milieu francophone et en Grande-Bretagne. Ils sont signés par deux psychiatres, le Dr Raymond Tempier et le Dr Frank Holloway, praticiens de la réadaptation. Ils confirment dans un premier temps le peu d’intérêt des milieux psychiatriques pour la réadaptation, malgré les politiques nationales et régionales qui la définissent bien comme étant un élément essentiel d’un bon système de soins pour les personnes souffrant de troubles mentaux graves. Il subsiste une ségrégation des pratiques et des praticiens en réadaptation par rapport à d’autres collègues. La réadaptation est le plus souvent envisagée en deuxième lieu, suite à une phase de traitement et non comme devant être intégrée dès le début. On l’envisage encore pour une catégorie de patients seulement, ceux qui ont des troubles mentaux graves et persistants, et non pour l’ensemble des troubles mentaux. Et pourtant, l’Organisation mondiale de la santé nous rappelle que la dépression est en voie de devenir la principale cause d’incapacité dans les pays industrialisés, comme le Canada, par exemple (3).

Les deux articles donnent aussi un aperçu des immenses perspectives du développement de la réadaptation. Sur le plan des valeurs, la réadaptation psychosociale est passée dans la dernière décennie d’une approche centrée sur le patient à une approche menée par le patient, d’où le concept de rétablissement. Selon cette approche, le patient « n’est plus la personne sur qui on agit mais avec qui on agit » (4). Il faut citer l’action menée par les ressources communautaires et alternatives au Québec, les mouvements d’usagers et de l’Association canadienne pour la santé mentale en faveur des droits des usagers, notamment celui de ne pas être traité de « chronique ». Il y a aussi des expérimentations et des accompagnements ailleurs et autrement. Parmi les développements techniques rapportés dans divers articles, citons les thérapies cognitives des délires et des hallucinations, les programmes intégrés de remédiation cognitive, les programmes de suivi intensif dans la communauté comme le Program for Assertive Community Treatment qui combinent de façon intensive traitement et réadaptation dans la communauté, les programmes de suivi intensif pour le retour à l’emploi dans la communauté et le large éventail de milieux résidentiels supervisés et le soutien au logement dans la communauté. Ces approches combinées peuvent constituer une solution de rechange à l’hospitalisation prolongée en créant des milieux de traitement et de réadaptation intensive le plus près possible de la communauté.

Le caractère nécessairement multidisciplinaire, voire interdisciplinaire de la réadaptation, reflété par exemple par la co-signature des deux articles par des psychiatres et des professionnels, fournit l’occasion de signaler les enjeux sociologiques et politiques du désinvestissement des psychiatres face à la réadaptation. Toute polarisation, qu’elle soit biologique ou psychosociale, est nuisible. Il suffit de relire l’article de Leona Bachrach cité plus haut pour comprendre qu’il est préférable de nous définir par les valeurs semblables motivant nos actions, plutôt que par nos différences dans les moyens utilisés.

Le rétablissement d’une personne suite à une maladie ou à un événement malheureux ne se mesure pas seulement à la diminution ou à la disparition des symptômes, des souffrances, des incapacités ou des handicaps, mais aussi et surtout, au sens que la personne arrive à donner à sa vie et aux objectifs qu’elle désire réaliser. Nous sommes loin de la chronicité.

Que pouvons-nous faire? Évitons surtout la formation d’un comité de l’Association des psychiatres du Canada à ce sujet, mais plutôt :

  • Cessons d’employer le terme « chronique ».

  • Chaque fois que nous l’entendons d’un autre collègue, d’un de nos résidents, d’un professionnel ou d’un administrateur, soyons proactifs et soulignons à quel point le terme est stigmatisant.

  • Chaque fois que nous entendrons autour de nous le terme « chronique », réfléchissons à la position thérapeutique et réadaptative à l’égard du patient, et à la position dans laquelle on place celui-ci avec une telle dénomination.

  • Affermissons nos connaissances, notre savoir faire et notre savoir être face aux valeurs et aux pratiques de la réadaptation et faisons en sorte de l’intégrer au traitement de tout patient.

Comme médecins, nous avons le devoir de toujours tenter de guérir, nous avons toujours le devoir de prendre soin, de soigner tous les patients et de toujours travailler sans cesse et dans toutes les occasions à leur rétablissement.


Sources de référence

1. Bachrach LL. Psychosocial rehabiliation and psychiatry: what are the boundaries? Can J Psychiatry 1996;41:28–35.

2. Thornicroft G, Tansella M, editors. The mental health matrix. A manual to improve services. Cambridge (UK): Cambridge University Press; 1999.

3. OMS. Rapport sur la santé dans le monde 2001 : la santé mentale : nouvelle conception, nouveaux espoirs. Geneva: OMS; 2001. ISBN 92 4 256 201 7

4. Gardou C. Connaître le handicap, reconnaître la personne. Ramonville (FR): Ed. Jrès; 1999. p 13


1 Professeur de recherche, Université de Montréal, Montréal, Québec; Vice-président du conseil consultatif de l’Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies, Instituts de recherche en santé du Canada

2 Chef de service de psychiatrie et de réadaption et d’hébergement dans la communauté, Hôpital Louis-H Lafontaine, Montréal, Québec

Address for correspondence: Dr A Lesage, Centre de recherche Fernand-Seguin, Hôpital Louis-H Lafontaine, 7401 Hochelaga, Montréal, QC H1N 3M5



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