|
Jacques Richard a voulu préciser la place
quoccupe la psychiatrie gériatrique dans la médecine
en passant par lhistoire du langage utilisé et du sens
donné aux mots au fil du temps. Son objectif consiste à
préciser les mots et leur sens pour nous soustraire à
un flou, à un vague de sens qui ne fait quentretenir
lambiguïté dans des champs de pratique aussi importants
que celui de la psychiatrie gériatrique, de la psychogériatrie
et de la gériatrie. Dans son chapitre sur la définition
de la psychiatrie gériatrique, Jacques Richard apporte des
délimitations éclairantes sur chacun des territoires
daction.
Pour lui, la psychiatrie gériatrique (ou gérontopsychiatrie)
est la discipline médicale qui, sinscrivant dans le
concept de maladie mentale, vise à élaborer et à
utiliser dans un but thérapeutique un corps de connaissances,
celui de la pathologie mentale de lâgé sappliquant
à des affections qui se manifestent, perdurent ou réapparaissent
dans la vieillesse.
Lauteur voit la psychogériatrie comme le lot de tout
médecin vouant sa pratique aux personnes âgées.
Elle concerne toutes les spécialités médicales
sans exception au moment où elles interviennent auprès
du sujet âgé. Selon lui, la psychogériatrie
détermine une approche et ne se pratique pas pour elle-même.
Elle sappuie sur une pratique dont la caractéristique
est de faciliter laccès du patient âgé
aux soins médicaux.
Quant à la gériatrie, elle est la discipline médicale
qui a dabord pour objet la pathologie somatique de lâgé.
La gériatrie nest donc quun des aspects de la
médecine du sujet âgé. La gériatrie est
là pour prendre le relais qui lui est propre dune médecine
générale ou dune médecine interne.
Lauteur apporte également des clarifications fondamentales
sur des notions de base comme celles de vieillesse et vieillissement.
Il les aborde sous langle de phase, détat et
de processus. Aussi, le terme « normal » est jugé
problématique, il nest pas lantonyme du pathologique,
il ne peut être assimilé au bien-être, et une
déviance nest pas obligatoirement anormale. Jacques
Richard souligne que le terme de physiologie est incorrectement
employé comme léquivalent de normal. Toutes
ces équivoques ne sont pas sans conséquences sur la
représentation que lon se fait, tant dans les milieux
professionnels que dans la communauté, du rôle respectif
de la psychiatrie gériatrique et de la psychogériatrie.
Il sagit dun ouvrage qui sadresse à toutes
les personnes qui sintéressent aux patients âgés
atteints daffection psychique, en particulier aux psychiatres
mais aussi aux gériatres, aux médecins, aux psychologues
et aux différents professionnels de la santé. Les
historiens, les philosophes de la médecine et les linguistes
y trouveraient leur intérêt.
Jacques Richard, professeur à lUniversité de
Genève, a déjà consacré de nombreux
travaux scientifiques à la pathologie mentale de la personne
âgée et à la psychogérontologie. Cest
un auteur compétent et très respecté en cette
matière.
Il sagit dun livre bien construit, éclairant,
qui délimite la place de plus en plus importante et spécifique
de la psychiatrie gériatrique au sein de lhistoire
de la médecine.
Tout département de psychiatrie se doit de faire lacquisition
de ce volume sans quoi sa collection serait incomplète et
priverait les professionnels de la santé dun ouvrage
incontournable.
|