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Electroconvulsivethérapie chez l'adolescent : considérations cliniques à propos d'une série d'observations Bruno Étain, MD1, Marie-France Le Heuzey, MD2, Marie-Christine Mouren-Simeoni, MD3 | ||
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Objectif : Rapporter les observations de 6 adolescents traités par électroconvulsivothérapie (ECT) et confronter ces données à celles de la documentation. (Rev can psychiatrie 2001;46:976–981) Mots clés : électroconvulsivothérapie, adolescent, efficacité, tolérance, catatonie, syndrome malin des neuroleptiques, syndrome de Cotard, trouble dépressif |
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Si l’électroconvulsivothérapie (ECT) est une thérapeutique répandue chez l’adulte, elle reste méconnue chez l’adolescent. Pourtant, dès 1942, des pionniers comme Heuyer (1) ou Bender (2) en rapportent l’efficacité clinique chez des enfants et des adolescents. Actuellement, son utilisation en pédopsychiatrie est exceptionnelle et fait l’objet d’un nombre restreint de publications, le plus fréquemment sous forme d’observations isolées. Environ 200 cas ont été rapportés depuis 1942 et seules 15 % des publications sont des séries (3). Nous rapportons ici l’expérience de l’ECT du service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Robert Debré à Paris. ECT chez l’adolescent : données de la documentation Seulement 1,2 % des adolescents atteints de maladie maniaco-dépressive ou de schizophrénie recevraient ce type de traitement (4) : l’ECT reste donc une thérapeutique exceptionnelle dans cette population. Chez l’adolescent, la fréquence d’utilisation est de 0,6 à 1 ECT/an/million d’habitants en région parisienne (5), chiffre voisin de celui estimé par certaines équipes internationales, entre 0,2 et 1,7 ECT/an/million d’habitants (6,7), respectivement en Angleterre et en Australie. Manuscrit réçu en juin 2001, révisé, et accepté en octobre 2001. |
Comparativement, la fréquence d’utilisation chez l’adulte se situe entre 70 et 250 ECT/an/million d’habitants. Les experts estiment que l’ECT représente un traitement de première intention chez l’adulte dans certaines situations cliniques : nécessité d’une réponse rapide et définitive, supériorité du risque des autres traitements par rapport aux risques de l’ECT, antécédent de mauvaise réponse au traitement médicamenteux et/ou antécédent de bonne réponse à l’ECT, préférence du patient. Ces recommandations s’appliqueraient également à l’adolescent. Selon l’American Psychiatric Association, l’utilisation de l’ECT chez les sujets de moins de 12 ans devrait être réservée aux situations cliniques dans lesquelles les autres traitements ne se sont pas montrés efficaces ou ne peuvent être administrés en toute sécurité. Pour les sujets dont l’âge est compris entre 13 et 18 ans, les indications thérapeutiques sont comparables à celles de l’adulte. Enfin, il est précisé que l’âge ne devrait pas être considéré comme une contre- indication absolue à l’utilisation des ECT (8). Chez l’adolescent, les indications principales sont les troubles bipolaires de l’humeur, la schizophrénie et la catatonie (9) avec un taux de réponse de 63 % pour la dépression, de 80 % pour la manie et la catatonie (3) et de 90 % pour les troubles thymiques graves chimiorésistants (5). L’efficacité est jugée excellente pour les troubles thymiques et la catatonie, et partielle pour la schizophrénie et le trouble schizo-affectif. Certaines indications restent plus marginales comme le syndrome malin des neuroleptiques.
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