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Par Alain Lesage, MD, FRCPC, MPhil
Né à Alexandrie et d’origine juive libérale, il complète sa formation médicale à Montpellier en France et à l’Institut de Psychiatrie de Londres. Il s’établit en Saskatchewan en 1956 et participe comme psychiatre d’avant-garde à la première vague de désinstitutionnalisation au Canada, appuyant son collègue et complice Dr Hughes Lafave. On le retrouve ensuite à partir de 1967 comme commissaire médical dans l’État de New York et enseignant à Albany. Il est recruté en 1976 par le Dr Denis Lazure alors directeur général de l’hôpital Louis-H Lafontaine à Montréal, à titre de directeur de l’enseignement. Même si l’opinion des deux hommes divergeait sur la question politique nationale (le Pr Grunberg adorait parler politique), ils se rejoignaient dans leur quête de justice sociale, d’amélioration de la qualité des soins et des pratiques dans les établissements psychiatriques et dans la communauté pour les personnes souffrant de troubles mentaux. Il a contribué par son mentorat et son engagement au développement de cet hôpital psychiatrique en une organisation combinant ses fonctions cliniques majeures à celles d’un enseignement supérieur et de recherche. Participant au mouvement de psychiatrie sociale, il ne négligeait pas les autres dimensions biologiques, cliniques et psychologiques dans son enseignement. Il a inspiré et soutenu avec le Dr Pierre Lalonde le développement du manuel de psychiatrie clinique, une approche bio-psycho-sociale, qui est devenu au fil des éditions le premier manuel de psychiatrie francophone. Choqué par l’approche de santé publique en prévention du suicide au Québec au début des années ’80 qui scotomisait le rôle des troubles mentaux, il a soutenu le développement de la première étude canadienne à cas–témoin sur la question. Il a vu les résultats publiés tant dans l’American Journal of Psychiatry que dans Santé Mentale au Québec. Il est ensuite intervenu souvent sur la question dans les forums académiques et publics, de sorte que maintenant les troubles mentaux ont retrouvé une juste place parmi les causes du suicide et dans les plans provinciaux québécois de prévention. Dans les dernières semaines, alors qu’il savait l’issue de sa condition, il confiait avec lucidité et sérénité qu’il avait vécu 76 belles années. Il s’est éteint à son domicile, entouré des siens, sa conjointe, ses enfants et petits-enfants. Il nous laisse comme psychiatres le souci d’excellence et il s’est élevé parmi nous au statut de Professeur. Professeur Frédéric Grunberg, salut ! |